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eurogeneration

Une nouvelle génération est née

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Alicante { Mot clé }

24

09

2007

Après l'Erasmus ? La vie continue. A l'étranger

Nous voilà à parler d’ Erasmus, frontières et périodes de la vie, cette fois-ci directement avec Fiorella, spécialiste ès anthropologie de l'Erasmus.

 

Fiorella, bienvenue sur Eurogeneration. Si on te demandait de résumer en deux mots ton expérience Erasmus, lesquels choisirais-tu?

Salut Adriano merci pour l’hospitalité. Les clichés qui reviennent le plus souvent sont : l’alcool , le sexe, la fête, les amis, et le bon temps. Mais je crois qu’un an passé à l’étranger ne se résume pas seulement à ça. Il y a plein d’autres choses : la volonté de se mettre à l’épreuve, et le fait de se confronter aux autres, de partir de rien pour bâtir une nouvelle vie, plus mûre et consciente. Deux ans ont déjà passé depuis cette fameuse période à Alicante.

Es-tu guérie du syndrome Erasmus?

Je dirais plutôt que ça empire de plus en plus! Après la phase critique qui se manifeste au retour, le syndrome se "normalise" et t’accompagne constamment. Mais c’est une chose positive: c’est le déclencheur de mon envie de renouveler ces expériences, de partir (ou repartir) avec un truc en plus en comparaison avec les autres.

Qu’est ce que tu fais aujourd’hui dans la vie? Tu arrives à exprimer cette "babelianité" acquise en Espagne?

Dans l’attente de l’énième et définitif départ en Espagne (je l'espère), ou au nord de l'Italie en octobre, je m’occupe de graphique et de communication. Cette année j’ai eu la possibilité d’ améliorer mes connaissances du secteur grâce à un projet de la région Campagne (le G.B. Vico) qui m’a permis de travailler dans une gallérie d’art à Madrid durant 4 mois ! Autre magnifique expérience à l’étranger : j’ai connu des gens merveilleux et j’ai pu exprimer librement cette babelianité qui reste un peu étouffée dans mon pays (surtout dans le Sud et surtout à Cava, mais cette-ci est une autre affaire, que tu connais aussi bien que moi).

Es-tu toujours en contact avec tes amis Erasmus?

Oui, mais ça reste compliqué a cause de la distance ! Mais heureusement grâce au messenger, aux mails et autres nouvelles technologies on reste toujours en contact.

Tu es arrivée à communiquer avec eux en ce qui concerne les sujets que tu évoques dans "Anthropologie de l’Erasmus"?

J’ai même fait mieux : j’ai réussi à les emmener tous voir la soutenance de mon mémoire en Italie ! À Alicante tout le monde savait que j’étais en train d’écrire un mémoire sur l’Erasmus, ils l’ont lu (du début jusqu’à la fin, à mon plus grand étonnement) et ma satisfaction majeure, quand j’ai passé le diplôme, a été de voir que mes amis Erasmus et mes camarades d’Université étaient émus avec moi alors que je terminais ma présentation aux notes de la chanson "Tornano in mente" ("Ils reviennent à l'esprit") par Alex Britti: " On se souviendra des moments qu’on a vécus avec intensité, et tous les gens qu’on a connu reviendrons, ça ne te paraîtra pas grande chose mais ça veut dire qu'il y a encore quelque chose".

J’espère avoir réussi à faire comprendre à tous les Erasmus ces mots là "il y a encore quelque chose", après deux ans et – je le souhaite – après beaucoup de temps encore.

Traduit par Alessandro Mancosu - bienvenue, Alessandro !

15

09

2007

Dépression post-Erasmus

Septembre. Temps d'arrivée pour les 400 000 étudiants européens qui plantent tende dans l'une des centaines de villes universitaires théatre du projet Erasmus. Mais même, hélas, temps de retour (à la routine) pour les environ 350 000 qui ont vécu, l'année dernière, une expérience qui, dans l'immense majorité des cas, te transforme la vie. Au moins pour un an (ou un semestre). Oui, parce qu'ensuite on retourne aux vieilles habitudes. C'est là que peut surgir la "dépression post- erasmus".

En introduisant l'expression sur Google pas de sites de psy. Mais on tombe sur l'excellente thèses de Fiorella de Nicola sur le thème "Anthropologie de l'Erasmus". Moi et Fiorella - à Alicante en 2004/05 – nous sommes originaires de la même ville, Cava de' Tirreni, près de Naples. (Je me suis amusé à faire un collage des deux villes. Pas mal la nôtre, mais Fiorella n'aurait-elle pas écrit les mêmes choses s'elle était partie à Helsinki ?)

 

 

En tout cas la prose de Fiorella est très réussie lorsqu'elle peint l'ingénuité de celui qui vit les derniers jours d'une expérience erasmienne:

"Il n'a pas idée qu'en patrie il sera envahier par le syndrome du post-erasmus. Il ne sait pas que sa maison lui semblera très laide, sa ville très froide (ou d'une chaleur insupportable), l'université très ennuyeuse, la tv glaque, les amis nuls, en somme il aura une dépression grande comme un gratte-ciel de Kuala Lumpur. Il aura un rejet pour tout ce qui ne soit pas Erasmus. Le syndrome, ils le vivent tous, cependant avec une intensité et une durée différentes. Certes, il s'agit d'une condition passagère, quelque chose qui peut, et même doit, durer peu. Au risque de devenir pathétiques".

 

Sa réflexion sur le sens du mot identité est convaincante :

"En somme il nous attend une existence de désadaptés, d'apatrides. Et pas parce que nous n'avons pas une patrie. Mais parce que nous en aurons deux. Ou plus que deux. La nôtre, celle-là où nous sommes nés. Celle qui "nous a adoptés" pour un semestre ou deux. Cette de nos amis : allemands, français, portugais, mexicains, Anglais, scandivaves, américains, canadiens : leurs maisons à Alicante étaient les nôtre. Et je ne sais pas par quelle propriété transitive un peu de leurs pays, de leur culture, de leurs amis est devenu nôtre. Bref peut-être que l'identité européenne existe vraiment.

 

Est-ce vrai ? Et comment faire pour sortir de la dépression post- erasmus ? Eurogeneration ouvre le débat. À vous le mot, dans les commentaires.

Photo Pedro Prats Michael Khoo/Flickr.com