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eurogeneration

Une nouvelle génération est née

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Italy { Mot clé }

16

06

2008

Publicité allemande raciste : quand l'Italie se sent harcelée

Publicité allemande „raciste“ et verrou politique : quand l'Italie se sent harcelée. Tu fais partie ou non de l'Eurogeneration ? Pour le savoir, regarde cette pub.

Ca y est ? Ok, tu ne comprends pas l'allemand. C'est pourquoi ma collègue, Katharina, te l'explique dès à présent :

Nous sommes en Allemagne. Un client de Media Markt, d'origine italienne repérable, nommé Toni, dit avec un fort accent italien à un vendeur :

- Un homme, finalement un homme ! Si tu veux acheter une télé, par exemple pour regarder le foot, tu as toujours besoin d'un homme ! Pourquoi ? Seul un homme connaît la technique et le foot. Les femmes, elles, n'y comprennent rien !

Un instant plus tard, une belle vendeuse, allemande typique, passe et notre acheteur change d'idée :

- Excusez-moi un instant.

Et en s'adressant maintenant à la gracieuse vendeuse, il dit :

- Excusez-moi, vous pourriez m'expliquer comment marche cet appareil ?“.

Bien, nous remercions Katharina. A présent réponds à cette question. Comment définirais-tu cette publicité ?

1. Raciste et offensante. J'approuve la lettre officielle de protestations envoyée par Antonio Puri Purini, l'ambassadeur d'Italie à Berlin. Je soutiens également le boycott des produits Media Markt auquel appelle la député du Pd élue en Allemagne, Laura Garavini (lois) et je me réjouis du fait que Media Markt ait décidé de retirer cette publicité.

2. Simplement amusante. J'ai voyagé et vécu à l'étranger, j'ai beaucoup d'amis européens et les moqueries sur l'Italie je les relativise car en tant qu'italien j’ai remarqué que les autres européens m'ont toujours bien accueilli.

Evidemment ce blog rejoint la deuxième position et condamne fermement le climat d'enfermement que nous avons observé les derniers jours en Italie. Notre pays, vu par l'Europe, semble être un état qui se sent harcelé. Et pas seulement à cause des publicités. Un ministre (Maroni) souhaite renégocier le Traité de Schengen sur la libre circulation des personnes pour faire front au problème des tziganes. La colère de nombreuses personnes par rapport à la surprise du reste du monde en ce qui concerne la gestion de la crise des déchets. Le silence assourdissant du Parti Démocrate à propos des accusations (qui ne sont pas extravagantes) de xénophobie à la suite du „paquet sécurité“ et de la justice exercée bien hors des tribunaux à Naples. Enfin, des manifestes anti-rom du même Parti Démocrate. Bref, Donadoni pourra faire tous les efforts qu'il veut pour avoir une Italie aggressive et attaquante à l'Euro ces jours-ci... L'Italie, d'une société et d'une politique qui ont peur, est en défense. C'est le „verrou“ politique.

17

01

2008

Napolistan

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Après l'assassinat de Benazir Bhutto, l'hebdomadaire anglais The Economist faisait du Pakistan l'endroit le plus dangereux dans le monde. Mais qu'en est-il de Naples, avec ses 115000 tonnes de déchets qui jonchent les rues, ses affrontements entre policiers et criminels et ses hommes politiques corrompus ? Ne serait-ce pas pire ? C'est avec cette provocation que le blog Eurogeneration et la revue en ligne cafebabel.com veulent lancer le débat. Quelles sont les responsabilités ? Comment les autres pays européens arrivent-ils à gérer leurs "urgences déchets" ? Pourquoi Naples en revanche ne parvient pas à y faire face ? Voilà ce à quoi nous, ex-napolitains, mais également e-migrants ou babéliens voulons réfléchir. Non sans une pointe d'ironie et de sarcasme.

Réélaboration de la couverture du Economist par Cédric Audinot.

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel

16

01

2008

Passeport oublié, métissage activé : babélisons les pizzaioli

Massimo est pizzaiolo à Paris depuis 1970. Une époque où le passeport était encore indispensable pour voyager entre la France et l'Italie. Voyager, ou plutôt, immigrer. Parce qu'alors, tout déplacement était bien plus définitif que ce qu'on connaît aujourd'hui. Et pour Massimo, les conditions d'antan semblent ne pas avoir changé : «Naples ? J'y retourne tous les deux, trois ans. Mais à chaque fois je ne peux y rester plus d'une semaine. La dernière fois je n'y ai trouvé personne, les rues du Quartier espagnol étaient désertes. Ensuite ils m'ont dit que tous avaient été arrêtés ».

Le cas de Massimo peut paraître extrême, mais pour un grand nombre d'immigrants des mots tels que ""libre circulation des personnes", "espace Schengen", "Euro", "vols low-cost", "moyens de communication ultra-moderne" ou encore "skype" - en résumé, vingt ans d'eurévolution et de globalisation – semblent vide de sens. Rien à voir avec tous ceux qui, de nos jours, par choix ou nécessité, prennent leurs affaires et s'en vont, pour voyager ou e-migrer. E-migrants, avec un "e" plutôt fashion qui rime avec e-mail, mais qui doit son étymologie à un lointain "ex" latin.

Mais revenons à  notre pizzaiolo. Massimo entonne volontiers des chants napolitains des années cinquante qu'il connaît à la perfection ou une Laura Pausini dans sa meilleure forme ("Marco se n'è andato..."), voire même un Eros Ramazzotti accompagné de son habituelle voix enrhumée ("Ed ho imparaaaaatooo che nella vitàààà...) pendant qu'il malaxe la pâte à pizza avec un savoir faire bien napolitain (dommage que la mozzarella reste française ). Mais ça ne l'empêche pas de faire un doux mélange de l'italien avec le français, tout comme cette tomate-hyper-salée-sans goût qu'il amalgame tant bien que mal à des artichauts ultra-vinaigrés, sans véritable saveur qu'il extrait d'une quelconque boîte made-in-je-ne-sais-où.
A Noël mon père, pour se foutre de moi, m'a offert un dictionnaire Garzanti parce qu'il pense que, après des années en France, j'aurais oublié l'italien . Mais la prochaine fois que par pure vengeance je t'emmènerai Chez Massimò, tu devras avouer, papa, que ses erreurs par rapport à celles de nous les e-migrants, sont énormes comme un beau four à bois.

Mais imaginez un peu ce qu'il se passerait si Massimo s'inscrivait à la communauté de cafebabel.com, lisait corriere.it, voyait le festival de San Remo (certes, légèrement déprimant...), ou se permettait une courte escapade à Venise pour y (re)découvrir son pays natal d'une autre façon...  Ne serait-ce pas mieux ?
Et si tous nos immigrants – et j'inclus dans ma pensée également les espagnols de France, les portugais, les turcs d'Allemagne – maintenaient le contact avec la dimension européenne actuelle, ne seraient-ils pas pour nous de l'eurogeneration, des alliés extraordinaires pour notre mission ? Celle de faire passer l'idée d'un "modus pensandi" européen, babélien, et en tout cas bien différent de ceux qui refusent et combattent l'Europe.

Alors, chers lecteurs d'Eurogeneration, la prochaine fois que vous croisez un émigrant, un vrai, faites une chose : tentez-le, racontez-lui le monde tel qu'il est aujourd'hui : beau parce que mixte et métissé. Babélisez-le !


N.B : Massimo et Chez Massimò sont des noms fictifs.

Photos de Veronica ArtMusic.

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel.

07

01

2008

Déprimée, l'Italie ? Le New York Times a raison

Notre Président de la République, Giorgio Napolitano, a voulu répondre aux critiques du New York Times contre l'Italie, accusée d'être un pays en déclin. Au cours de sa visite aux Etats Unis de la mi-décembre Napolitano a dit que: « L’Italie est tout à fait un pays fort sur le quel cela vaut la peine d'investir. Il ne faut pas être superficiellement optimistes, mais pas non plus sensationnalistes ».
Mais que dit exactement le NYT ? L’article n’invente rien. Il dit que l’Italie se fera dépasser par l’Espagne dans pas longtemps en ce qui concerne le PIB par habitant. L’11% des familles vit sous le seuil de pauvreté. Deux livres, La Casta et Gomorra (dont vous pouvez lire/voir l'interview à l'auteur, Roberto Saviano), expriment bien le malaise qui règne un peu partout dans le pays. Enfin le NYT affirme que les Italiens sont le peuple le plus triste parmi ceux de l’Europe occidentale d’après un sondage conduit à l’Université de Cambridge par l’italienne Luisa Corrado.

Mais le quotidien de Times Square (dans la photo avec David Mc Craw, l’un de vice-présidents) parle aussi d’un sujet qui nous est cher : le clivage générationnel. Il mentionne le bloggeur Mario Adinolfi: « Ici en Italie on pourrais même pas concevoir un Google créé dans un garage par des gars de trente ans ». Nous nous permettons de corriger Adinolfi : Larry Page et Sergei Brin avaient bien vingt ans quand ils ont créé celui qui serait devenu le premier moteur de recherche au monde. Quant à l'Italie, pour le NYT c’est justement les jeunes « cultivés, qui voyagent et utilisent Internet » qui pourraient s’avérer la clé du changement, affirme l’auteur de l’article « mais seulement quand... la génération au pouvoir aujourd’hui sera morte ». En attendant, ce sont toujours très nombreux les jeunes Italien qui quittent le pays. Que Napolitano regarde en face la réalité ! L’Italie est en train de glisser dans un sous-développement effrayant. D’ailleurs il suffit de lire les résultats du sondage en ligne du Corriere della Sera : plus de 90% des Italiens est d’accord avec le NYT. Un peuple de sensationnalistes dirait Napolitano !

Traduit par Alessandro Mancosu

14

12

2007

Arrêtons les fatwas contre le programme Erasmus

La fatwa contre l'Erasmus, lancée par le journaliste de Repubblica Ilvo Damianti, est arrivée. Bénite par Eugenio Scalfari sur L’Espresso, la thèse de Diamanti blâme la “jeunesse apatride” responsable du contexte social dans lequel l’homicide de l’étudiante anglaise Meredith aurait été perpétré à Pérouse.

Pour Diamanti, "la ville de l'Ombrie serait le symbole de ces centres que les malefiques étudiants Erasmus ont défiguré, en les transformant en non-lieux "sans institutions, ni règles, ni autorité. Dans le cites universitaire les étudiants sont des personnes de passage, sans racines locales ni la perspective d’y rester pendant toute leur vie. Ils payent des loyers très élévés pour partager un appartement avec des autres étudiants. Ils ne peuvent pas se sentir comme chez eux…"

Est-ce que Diamanti sait combien d’étudiants, après l’Erasmus, retournent dans le pays dans lequel ils ont passé l’année la plus belle de leur vie, ils y travaillent et, comme dans mon cas, ils bâtissent un futur qui serait autrement impossible dans des pays déprimés comme l’Italie ? Mais Diamanti ne s’arrète pas là. Les étudiants apatrides, selon lui, "n’ont pas un lien social ni communautaire. Parce qu’ils ne sont ni une societé ni une communauté. Mais une humanité pleine de rélations la pluspart desfois transitoires. Beaucoup de rélations mais pas d’engagement.

Ça c’est vraiment trop, cher Diamanti. Si vous ne le savez pas, grâce au programme Erasmus - 1,5 milions d’étudiants, depuis 1987 - sont nées des amitiés solides, des amours parfumés et, souvent, comme dans mon cas, on attend de mettre au monde une nouvelle génération d'Européens. C'est grâce à l’Erasmus des milliers de personnes peuvent finalement intérnationaliser leurs existences, apprendre une langue étrangère et, contrairement à ce que vous affirmez, se sentir chez soi à l’étranger. Si sur 1,5 milions de jeunes il y a un homicide ça ne veut pas dire que l’experience plus enthousiasmante de nos jours doit être diabolisée.

Cela veut dire que, desormais, il s’agit d’une experience qui, dans le meilleur comme dans le pire, est en train de se démocratiser. Que les apôtres de la tradition des bons vieux temps arrêtent leurs théories. Le vieux continent continue de se babéliser. Tant mieux.

12

11

2007

Et le pizzaiolo de Oakland me dit: “mais l’Italie existe toujours?”


 

Oracle Arena, Oakland, California. Il est 19h29 du 6 Novembre. Et le match d’NBA entre les Golden State Warriors et les Cleveland Cavaliers est en train de commencer.

Je trouve, affamé, le courage de faire la queue pour acheter une… euh... ”pizza”.

C'est mon tour, je commande et demande s’il est possible de payer avec un traveller’s cheque. La caissière, une nana de quatre-vingts ans, appelle le patron qui me demande si j’ai mon passeport à lui montrer. Il le prend et me dit:

- Italie? C’est encore un pays?
- Oui, bien sur. Pourquoi?
- Ben, avec l’Euro maintenant vous êtes comme un seul état, n’est ce pas?
- En effet sur mon passeport vous verrez que sur la première ligne c'est écrit “Union Européenne”
- Ah!, d’accord, alors vous êtes un peu comme les Etats Unis maintenant, non ?
- Plus ou moins, ouais. Plus ou moins...

Certes, l’intégration européenne est encore loin.

Mais si même un pizzaiolo d’Oakland réalise que les Européens se rapprochent, ça veut dire que finalement il y a quelque chose qui bouge. C’est rassurant !
Deux plus tards, toutefois, je n'avais plus le moral parce que l’équipe que je supportais, les Warriors, ont perdu le quatrième match consécutif depuis le début du championnat. Ils sont vraiment l’équipe la plus triste de tout l’NBA. Ça doit être parce que Marco Belinelli, d’Italie, pardon, de l’Union Européenne, n’a pas joué ?

Tradotto da Alessandro Mancosu

07

07

2007

Les Italiens à Paris : eurogénération ou immigrés ?

Les jeunes travailleurs italiens à Paris ne sont pas comme les autres venant d'Europe occidentale. Ils ne bougent pas seulement par amour de la découverte et de la curiositas. Souvent, c'est par nécéssité qu'ils se résignent à abandonner leur pays natal. Pour fuir un système clientelaire, qui humilie la créativité et la méritocratie. Pour se remettre en jeu dans un pays qui, comme d'autres dans le Vieux Continent, est un pays "normal".

L'objectif de Valentina Maccarinelli e Andrea Decovich a peint ces portraits de jeunes Italiens à Paris et nous sommes heureux de les accueillir. Avec le soleil de leurs rêves et la lumière de leurs réalisations. Pendant que notre pauvre pays coule vers la croissance zéro, les retraites qu'on ne verra jamais et les scandales politico-médiatico-judiciaires...

 

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

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02

07

2007

Un café, un vrai, à Paris

Ce blog est très européen, international, cosmopolite et tout ce que vous voulez... mais les vrais membres de l'eurogénération savent aussi garder bien vivantes et arroser de temps en temps les racines qui les relient à leur culture... C'est pour cela que je me rends régulièrement chez les amis de Pozzetto qui, rue de Sicile à Paris, propose des véritables glaces et cafés italiens. J'ai voulu les rencontrer pour eurogeneration.cafebabel.com ce week-end même. Je rencontre Pierpaolo qui me montre comment prépare-t-on un vrai café et comment on laisse les non-italiens le remplir d'eau pour l'allonger... "Moi - dit-il - je ne pourrai jamais le faire !" A bon entendeur...
Ensuite on discute avec Sandro, responsable du personnel. Il nous explique que chez Pozzetto travaillent des jeunes de tous les pays, surtout Italiens ou qui maîtrisent la langue pour assurer l'italianité de l'endroit...