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eurogeneration

Une nouvelle génération est née

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France { Mot clé }

03

06

2008

Sarko for Présidence, quand le logo ne fait pas l'Europe

Mauvais esprit ? Il ne faut pas être sarkonoïaque pour entrevoir un message politique dans le logo que s'est donné la France pour la Présidence de l'UE qu'elle entame, pour un sémestre, le 1er juillet prochain. D'ailleurs, ce n'est qu'admettre la réalité : pour tous les observateurs européens, la Présidence française sera la Présidence de Nicolas Sarkozy, cet étrange politicien qui attise toujours leurs curiosités plus que quiconque.

Pur hasard ? Les drapeaux européen et français côte à côte dans le logo en question (à droite) rappellent bien l'image de la très sollennelle photo de l'omniprésident national (à gauche). Seul détail qui change : le symbole européen est tout de même légèrement plus grand que le français dans le logo, alors que dans le portrait présidentiel c'était le contraire.

Plus sérieusement, il faut reconnaître que Nicolas Sarkozy a donné, avec sa photo officielle, le ton d'une présidence de la République très européenne. Dans la photo de son prédecesseur, nulle référence à la symbolique européenne.

Pourtant, si l'habit ne fait pas le moine, le logo ne fait pas l'Europe. Surtout si l'on considère que la conception du projet européen qu'ont les Français aujourd'hui. L'influence de la France en Europe représente en effet la priorité qu'accordent les Français pour "leur" Présidence. Une conception un tantinet nationale, n'est-ce pas ? Qui plus est, selon un sondage Opinion Way, seulement 38% des Français considèrent que l'adoption par la France du traité simplifié n'est pas une remise en cause des résultats du "non" à la Constitution européenne de 2005.

13

05

2008

Manuel Valls, un Européen pour le renouveau de la gauche française

Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Manuel Valls a répondu à cette question lors d’un déjeuner organisé à la Maison de l’Europe de Paris par le Club de la presse européenne  présidé par Alberto Toscano, correspondant de la presse italienne dans la capitale française depuis 22 ans.

Pour Valls, maire d’Evry et membre du Parti Socialiste, « plus qu’à protéger le statut des cheminots – ceux parmi les fonctionnaires qui vivent le plus longtemps ! - la gauche devrait s’intéresser aux vraies catégories qui souffrent ». Lesquelles ? « Les femmes seules (familles monoparentales) ; les jeunes précaires (dont les étudiants qui travaillent pour payer leurs études) ; les handicapés (qui vivent avec 600 euros par mois) ; les classes moyennes qui craignent la paupérisation ». En somme, pour Valls – qui vient de publier « Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche » (Robert Laffont, 2008) – le PS doit cesser « d’être le parti du conservatisme » en allant même jusqu’à changer de nom et mettre aux oubliettes le mot « socialisme ».

La question du renouveau de la gauche selon Valls nous intéresse d’autant plus que le maire d’Evry, né en 1962 à Barcelone de père catalan et de mère suisse italienne, est un vrai européen. « Je me sens profondément français ! Mais ma triple, voire quadruple identité me permet, de temps à autre, un pêché mignon : regarder la France en tant que spectateur. Je pense qu’on devrait plus s’inspirer des autres pays. Sans approuver les dérives du blairisme, je suis admiratif de la démarche entreprise par  Blair et Giddens [avec la Troisième Voie] : partir des problèmes concrets du pays pour reconstruire la gauche ».

Quelles sont les chances que le dessein de modernisation de la gauche française esquissé par Manuel Valls marche ? Seul l’avenir le dira. Entre temps, au Parlement européen, le PS reste – aux dires d’un observateur de longue date de l’assemblée strasbourgeoise – « le parti de gauche le moins moderne de tous ». Si la croisade de Valls pouvait se mobiliser non seulement pour le débat d’idées français mais aussi pour les européennes de 2009 ce ne serait peut-être pas si mal que ça.

Photo de François Lafite

09

03

2008

Municipales : quelques absurdités vues d'Europe

Drôle de pays, la France: d'abord il octroie un permis de conduire au Napolitain que je suis ; puis, citoyenneté européenne oblige, il lui envoit même une carte électorale.


C'est ainsi que ce matin j'ai participé aux élections municipales à Paris avec cet absurde mode de scutin qui ne permet pas de voter ni pour un candidat mairie ni pour un conseiller municipal. Mais seulement pour une liste dont l'ordre est bien sûr choisi à l'avance par les partis. Rassurez-vous, en Italie, on a la même bêtise...

Mais là où les Français nous battent en absurdités électorales c'est en matière de bulletins blancs : ces jolis morceaux d'une citoyenneté protestataire ne sont en effet pas comptabilisés. Ce qui veut dire qu'aller voter blanc ou s'abstenir, revient exactement au même. Qui plus est, les bulletins blancs ne sont pas fournis au moment du vote. C'est pour cela que j'ai imprimé des bulletins blancs à partir d'un site et que je les ai laissés dans l'urne à la disposition de mes "concitoyens". J'oubliais : dans mon collège électoral, il n'y avait qu'une vingtaine de citoyens européens inscrits... Allez, les Européens, la prochaine fois il faut faire plus d'efforts !

16

01

2008

Passeport oublié, métissage activé : babélisons les pizzaioli

Massimo est pizzaiolo à Paris depuis 1970. Une époque où le passeport était encore indispensable pour voyager entre la France et l'Italie. Voyager, ou plutôt, immigrer. Parce qu'alors, tout déplacement était bien plus définitif que ce qu'on connaît aujourd'hui. Et pour Massimo, les conditions d'antan semblent ne pas avoir changé : «Naples ? J'y retourne tous les deux, trois ans. Mais à chaque fois je ne peux y rester plus d'une semaine. La dernière fois je n'y ai trouvé personne, les rues du Quartier espagnol étaient désertes. Ensuite ils m'ont dit que tous avaient été arrêtés ».

Le cas de Massimo peut paraître extrême, mais pour un grand nombre d'immigrants des mots tels que ""libre circulation des personnes", "espace Schengen", "Euro", "vols low-cost", "moyens de communication ultra-moderne" ou encore "skype" - en résumé, vingt ans d'eurévolution et de globalisation – semblent vide de sens. Rien à voir avec tous ceux qui, de nos jours, par choix ou nécessité, prennent leurs affaires et s'en vont, pour voyager ou e-migrer. E-migrants, avec un "e" plutôt fashion qui rime avec e-mail, mais qui doit son étymologie à un lointain "ex" latin.

Mais revenons à  notre pizzaiolo. Massimo entonne volontiers des chants napolitains des années cinquante qu'il connaît à la perfection ou une Laura Pausini dans sa meilleure forme ("Marco se n'è andato..."), voire même un Eros Ramazzotti accompagné de son habituelle voix enrhumée ("Ed ho imparaaaaatooo che nella vitàààà...) pendant qu'il malaxe la pâte à pizza avec un savoir faire bien napolitain (dommage que la mozzarella reste française ). Mais ça ne l'empêche pas de faire un doux mélange de l'italien avec le français, tout comme cette tomate-hyper-salée-sans goût qu'il amalgame tant bien que mal à des artichauts ultra-vinaigrés, sans véritable saveur qu'il extrait d'une quelconque boîte made-in-je-ne-sais-où.
A Noël mon père, pour se foutre de moi, m'a offert un dictionnaire Garzanti parce qu'il pense que, après des années en France, j'aurais oublié l'italien . Mais la prochaine fois que par pure vengeance je t'emmènerai Chez Massimò, tu devras avouer, papa, que ses erreurs par rapport à celles de nous les e-migrants, sont énormes comme un beau four à bois.

Mais imaginez un peu ce qu'il se passerait si Massimo s'inscrivait à la communauté de cafebabel.com, lisait corriere.it, voyait le festival de San Remo (certes, légèrement déprimant...), ou se permettait une courte escapade à Venise pour y (re)découvrir son pays natal d'une autre façon...  Ne serait-ce pas mieux ?
Et si tous nos immigrants – et j'inclus dans ma pensée également les espagnols de France, les portugais, les turcs d'Allemagne – maintenaient le contact avec la dimension européenne actuelle, ne seraient-ils pas pour nous de l'eurogeneration, des alliés extraordinaires pour notre mission ? Celle de faire passer l'idée d'un "modus pensandi" européen, babélien, et en tout cas bien différent de ceux qui refusent et combattent l'Europe.

Alors, chers lecteurs d'Eurogeneration, la prochaine fois que vous croisez un émigrant, un vrai, faites une chose : tentez-le, racontez-lui le monde tel qu'il est aujourd'hui : beau parce que mixte et métissé. Babélisez-le !


N.B : Massimo et Chez Massimò sont des noms fictifs.

Photos de Veronica ArtMusic.

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel.

07

07

2007

Les Italiens à Paris : eurogénération ou immigrés ?

Les jeunes travailleurs italiens à Paris ne sont pas comme les autres venant d'Europe occidentale. Ils ne bougent pas seulement par amour de la découverte et de la curiositas. Souvent, c'est par nécéssité qu'ils se résignent à abandonner leur pays natal. Pour fuir un système clientelaire, qui humilie la créativité et la méritocratie. Pour se remettre en jeu dans un pays qui, comme d'autres dans le Vieux Continent, est un pays "normal".

L'objectif de Valentina Maccarinelli e Andrea Decovich a peint ces portraits de jeunes Italiens à Paris et nous sommes heureux de les accueillir. Avec le soleil de leurs rêves et la lumière de leurs réalisations. Pendant que notre pauvre pays coule vers la croissance zéro, les retraites qu'on ne verra jamais et les scandales politico-médiatico-judiciaires...

 

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

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02

07

2007

Plombier ou serveuse : l'eurogénération (de l'Est) a le choix

Plombier ou serveuse : les choix de l'eurogénération (de l'Est) Agnieska, jeune Polonaise à Paris, raconte la situation paradoxale des Polonais en France: "Tant qu'on travaille pas, il n'y a pas de problèmes... Quand on veut travailler, on est obligé de faire plombier, serveuse ou autre... Mais j'ai des ambitions plus hautes que d'être plombier !". Joana aussi, jeune Roumaine en France est dans la même situation. Elle rajoute que les heures de travail sont très limitées.

07

06

2007

Cette année là...

marina2.jpg

Strasbourg, 2001, à une soirée Erasmus. Avec Nicola Dell'Arciprete (à gauche) sous l'effet de la nourriture réunionnaise et moi sous celui des bières alsaciennes...