Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Manuel Valls a répondu à cette question lors d’un déjeuner organisé à la Maison de l’Europe de Paris par le Club de la presse européenne présidé par Alberto Toscano, correspondant de la presse italienne dans la capitale française depuis 22 ans.Pour Valls, maire d’Evry et membre du Parti Socialiste, « plus qu’à protéger le statut des cheminots – ceux parmi les fonctionnaires qui vivent le plus longtemps ! - la gauche devrait s’intéresser aux vraies catégories qui souffrent ». Lesquelles ? « Les femmes seules (familles monoparentales) ; les jeunes précaires (dont les étudiants qui travaillent pour payer leurs études) ; les handicapés (qui vivent avec 600 euros par mois) ; les classes moyennes qui craignent la paupérisation ». En somme, pour Valls – qui vient de publier « Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche » (Robert Laffont, 2008) – le PS doit cesser « d’être le parti du conservatisme » en allant même jusqu’à changer de nom et mettre aux oubliettes le mot « socialisme ».
La question du renouveau de la gauche selon Valls nous intéresse d’autant plus que le maire d’Evry, né en 1962 à Barcelone de père catalan et de mère suisse italienne, est un vrai européen. « Je me sens profondément français ! Mais ma triple, voire quadruple identité me permet, de temps à autre, un pêché mignon : regarder la France en tant que spectateur. Je pense qu’on devrait plus s’inspirer des autres pays. Sans approuver les dérives du blairisme, je suis admiratif de la démarche entreprise par Blair et Giddens [avec la Troisième Voie] : partir des problèmes concrets du pays pour reconstruire la gauche ».
Quelles sont les chances que le dessein de modernisation de la gauche française esquissé par Manuel Valls marche ? Seul l’avenir le dira. Entre temps, au Parlement européen, le PS reste – aux dires d’un observateur de longue date de l’assemblée strasbourgeoise – « le parti de gauche le moins moderne de tous ». Si la croisade de Valls pouvait se mobiliser non seulement pour le débat d’idées français mais aussi pour les européennes de 2009 ce ne serait peut-être pas si mal que ça.
Photo de François Lafite
Drôle de pays, la France: d'abord il octroie un permis de conduire au
Napolitain que je suis ; puis, citoyenneté européenne oblige, il lui
envoit même une carte électorale.
C'est
ainsi que ce matin j'ai participé aux élections municipales à Paris
avec cet absurde mode de scutin qui ne permet pas de voter ni pour un
candidat mairie ni pour un conseiller municipal. Mais seulement pour
une liste dont l'ordre est bien sûr choisi à l'avance par les partis. Rassurez-vous, en Italie, on a la même bêtise...
Mais
là où les Français nous battent en absurdités électorales c'est en
matière de bulletins blancs : ces jolis morceaux d'une citoyenneté
protestataire ne sont en effet pas comptabilisés. Ce qui veut
dire qu'aller voter blanc ou s'abstenir, revient exactement au même.
Qui plus est, les bulletins blancs ne sont pas fournis au moment du
vote. C'est pour cela que j'ai imprimé des bulletins blancs à partir d'
Post Scriptum (sur la politisation).