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eurogeneration

Une nouvelle génération est née

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Politics { Mot clé }

13

05

2008

Manuel Valls, un Européen pour le renouveau de la gauche française

Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? Manuel Valls a répondu à cette question lors d’un déjeuner organisé à la Maison de l’Europe de Paris par le Club de la presse européenne  présidé par Alberto Toscano, correspondant de la presse italienne dans la capitale française depuis 22 ans.

Pour Valls, maire d’Evry et membre du Parti Socialiste, « plus qu’à protéger le statut des cheminots – ceux parmi les fonctionnaires qui vivent le plus longtemps ! - la gauche devrait s’intéresser aux vraies catégories qui souffrent ». Lesquelles ? « Les femmes seules (familles monoparentales) ; les jeunes précaires (dont les étudiants qui travaillent pour payer leurs études) ; les handicapés (qui vivent avec 600 euros par mois) ; les classes moyennes qui craignent la paupérisation ». En somme, pour Valls – qui vient de publier « Pour en finir avec le vieux socialisme... et être enfin de gauche » (Robert Laffont, 2008) – le PS doit cesser « d’être le parti du conservatisme » en allant même jusqu’à changer de nom et mettre aux oubliettes le mot « socialisme ».

La question du renouveau de la gauche selon Valls nous intéresse d’autant plus que le maire d’Evry, né en 1962 à Barcelone de père catalan et de mère suisse italienne, est un vrai européen. « Je me sens profondément français ! Mais ma triple, voire quadruple identité me permet, de temps à autre, un pêché mignon : regarder la France en tant que spectateur. Je pense qu’on devrait plus s’inspirer des autres pays. Sans approuver les dérives du blairisme, je suis admiratif de la démarche entreprise par  Blair et Giddens [avec la Troisième Voie] : partir des problèmes concrets du pays pour reconstruire la gauche ».

Quelles sont les chances que le dessein de modernisation de la gauche française esquissé par Manuel Valls marche ? Seul l’avenir le dira. Entre temps, au Parlement européen, le PS reste – aux dires d’un observateur de longue date de l’assemblée strasbourgeoise – « le parti de gauche le moins moderne de tous ». Si la croisade de Valls pouvait se mobiliser non seulement pour le débat d’idées français mais aussi pour les européennes de 2009 ce ne serait peut-être pas si mal que ça.

Photo de François Lafite

09

03

2008

Municipales : quelques absurdités vues d'Europe

Drôle de pays, la France: d'abord il octroie un permis de conduire au Napolitain que je suis ; puis, citoyenneté européenne oblige, il lui envoit même une carte électorale.


C'est ainsi que ce matin j'ai participé aux élections municipales à Paris avec cet absurde mode de scutin qui ne permet pas de voter ni pour un candidat mairie ni pour un conseiller municipal. Mais seulement pour une liste dont l'ordre est bien sûr choisi à l'avance par les partis. Rassurez-vous, en Italie, on a la même bêtise...

Mais là où les Français nous battent en absurdités électorales c'est en matière de bulletins blancs : ces jolis morceaux d'une citoyenneté protestataire ne sont en effet pas comptabilisés. Ce qui veut dire qu'aller voter blanc ou s'abstenir, revient exactement au même. Qui plus est, les bulletins blancs ne sont pas fournis au moment du vote. C'est pour cela que j'ai imprimé des bulletins blancs à partir d'un site et que je les ai laissés dans l'urne à la disposition de mes "concitoyens". J'oubliais : dans mon collège électoral, il n'y avait qu'une vingtaine de citoyens européens inscrits... Allez, les Européens, la prochaine fois il faut faire plus d'efforts !

18

10

2007

Nous sommes plus (et mieux) engagés que nos parents

Sommes-nous une generation engagée ? Peut-on soutenir la comparaison avec celle de nos parents ? L'engouement général pour l’environnement – cette année le Blog Action Day y était consacré – est l’occasion pour faire le point sur l’engagement en tant que tel, au délà des causes ecologistes.

La proliferation des ONG, des appels, des manifestations, des concerts (en dernier le Live Earth)  sont seulement quelques exemples de l'engagement des jeunes d'aujourd'hui pour l'environnement. Mais au de là de cela, ce qui change parmi les jeunes de notre temps est une plus grande conscience des problèmes de la planète qui, par rapport à mai 68, est beaucoup plus concrète.

Défiler en mai 68, en posant pour un photographe (comme dans la photo ci-dessous) ou participer à une manifestation d’hippies est certes bien plus sexy que partir faire du volontariat en Afrique, s’engager dans des associations ou participer à des initiatives civiques sur Internet.

De la meme façon, lancer des pavés d'antan sur la police en plein boulevard Saint-Mich' est plus chic que d'être un consommeur responsable, ne pas laisser le chargeur du portable dans la prise ou encore se battre pour le droit au vote des immigrés. Et je ne me réfère pas seulement aux petits gestes quotidiens par opposition aux lendemains qui chantent de nos parents. Je pense aussi, dans un autre registre, aux initiatives pour l’Europe fédérale ou aux nombreuses associations qui essayent d’approcher et de (ré)mixer les cultures du Vieux Continent. Ou à faire de l’Erasmus une occasion pour rédessiner la carte de la tolerance et  de l’ouverture.

Car ce n’est pas vrai que nous sommes la “generation X”, que nous ne croyons en rien, que nous sommes individualistes et point barre. La generation précédente  était sans aucun doute plus politisisée mais pas plus engagée que la nôtre !


Post Scriptum (sur la politisation).

En ce moment sur ma table de nuit il y a “Cuori Neri” (“coeurs noirs”), une belle enquête de Luca Telese sur les morts néo-fascistes des années de plomb en Italie. Seulement a Rome, entre les années 70 et 80 il y a eu plus de 100 homicides politiques, victimes de la tensions entre fascistes et communistes. Dans la capitale, un des quartiers le plus chauds fut le “Trieste-Salario”, où j’ai étudié pendant trois ans. Je me souviens de ces soirées passées en face de  la glacerie à place Trieste (je ne pourrai jamais oublier le gout aranciotto : chocolat avec des zestes d’orange).
Et seulement maintenant je comprends que voulait dire le tag “Paolo vit”, suivit par une croix celtique. “Paolo” était Paolo Di Nella, le militant, fasciste et écologiste (ça existait), tué de façon barbare pendant qu’il attachait des affiches pour la récuperation d'un jardin publique. Maintenant ce temps de politisisation extrême et des fois extremiste est terminé. Maintenant, en dessous de ce tag il y a des jeunes qui discutent, comme nous le faisions avec Nicola dell’Arciprete en 2000... A l'époque on se posait la question : comment bouleverser les cerveaux endormis de l’opinion publique italienne ? Nous voulions créer un media trans-national qui puisse donner une voix à notre génération. Aujourd’hui vous êtes en train de lire ce média. D'une certaine façon c'est aussi une forme d'enagegement, n'est-ce pas ?

Traduit par Filomena De Riso