La Turquie est-elle européenne ? Au sommet des institutions européennes la question semble se régler plutôt à coups de documents PDF que de débats - souvent creux, philosophiques ou géopolitiques. Et en jeu cette fois : l'aspect des pièces de monnaie européennes. Qui soulève un véritable déchirement intra-institutionnel.
Déchirement entre la Commission Européenne, qui, de son côté propose d'inclure le pays anatolien sur la carte du continent dessinée sur les pièces (image de droite) et le Conseil des Ministres, qui, au contraire essaye discrètement de l'en éclipser (image de gauche).
Il faut le voir pour le croire !

Ce sont les députés radicaux européens, Marco Cappato et Marco Pannella, qui l'ont révélé et ont souhaité voir disparaître de la circulation les pièces de monnaie anti-turcs. En effet, dans les tous premiers euros mis en circulation, que nous avons tous en poche encore maintenant, on peut voir un bout de la Turquie. En revanche ce n'est pas le cas des pièces diffusées en Slovénie à son entrée dans l'Euroland, le 1er janvier 2007, où la Turquie s'est soudainement envolée. Mais les radicaux ne comptent pas en rester là et ont demandé la substitution progressive de 31 milliards de pièces de monnaie. Une quête possible ?
Mais de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, au delà de cette histoire de pièces de monnaie, que faut-il en penser ? Encore aucune décision jusqu'à présent, les négociations font rage, et le forum de cafebabel.com s'enflamme ! Ce que je peux dire, c'est qu'au cours de mon année Erasmus, j'ai rencontré un charmant jeune homme d'Istanbul, Dogan Mert, que je salue, et je ne peux en aucun cas affirmer m'être senti plus éloigné de sa culture que de celle allemande ou suédoise. Au contraire, il me semblait presque un peu napolitain...
Et puis, à l'image de ce que nous raconte Erri De Luca, l'identité méditerranéenne triomphe souvent sur celle européenne... Mais c'est un autre discours ça, non ?
Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel

Mais le quotidien de Times Square (dans la photo avec David Mc Craw, l’un de vice-présidents) parle aussi d’un sujet qui nous est cher : le clivage générationnel. Il mentionne le bloggeur Mario Adinolfi: « Ici en Italie on pourrais même pas concevoir un Google créé dans un garage par des gars de trente ans ». Nous nous permettons de corriger Adinolfi : Larry Page et Sergei Brin avaient bien vingt ans quand ils ont créé celui qui serait devenu le premier moteur de recherche au monde. Quant à l'Italie, pour le NYT c’est justement les jeunes « cultivés, qui voyagent et utilisent Internet » qui pourraient s’avérer la clé du changement, affirme l’auteur de l’article « mais seulement quand... la génération au pouvoir aujourd’hui sera morte ». En attendant, ce sont toujours très nombreux les jeunes Italien qui quittent le pays. Que Napolitano regarde en face la réalité ! L’Italie est en train de glisser dans un sous-développement effrayant. D’ailleurs il suffit de lire les résultats du sondage en ligne du Corriere della Sera : plus de 90% des Italiens est d’accord avec le NYT. Un peuple de sensationnalistes dirait Napolitano !
