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eurogeneration

Une nouvelle génération est née

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immigration { Mot clé }

16

01

2008

Passeport oublié, métissage activé : babélisons les pizzaioli

Massimo est pizzaiolo à Paris depuis 1970. Une époque où le passeport était encore indispensable pour voyager entre la France et l'Italie. Voyager, ou plutôt, immigrer. Parce qu'alors, tout déplacement était bien plus définitif que ce qu'on connaît aujourd'hui. Et pour Massimo, les conditions d'antan semblent ne pas avoir changé : «Naples ? J'y retourne tous les deux, trois ans. Mais à chaque fois je ne peux y rester plus d'une semaine. La dernière fois je n'y ai trouvé personne, les rues du Quartier espagnol étaient désertes. Ensuite ils m'ont dit que tous avaient été arrêtés ».

Le cas de Massimo peut paraître extrême, mais pour un grand nombre d'immigrants des mots tels que ""libre circulation des personnes", "espace Schengen", "Euro", "vols low-cost", "moyens de communication ultra-moderne" ou encore "skype" - en résumé, vingt ans d'eurévolution et de globalisation – semblent vide de sens. Rien à voir avec tous ceux qui, de nos jours, par choix ou nécessité, prennent leurs affaires et s'en vont, pour voyager ou e-migrer. E-migrants, avec un "e" plutôt fashion qui rime avec e-mail, mais qui doit son étymologie à un lointain "ex" latin.

Mais revenons à  notre pizzaiolo. Massimo entonne volontiers des chants napolitains des années cinquante qu'il connaît à la perfection ou une Laura Pausini dans sa meilleure forme ("Marco se n'è andato..."), voire même un Eros Ramazzotti accompagné de son habituelle voix enrhumée ("Ed ho imparaaaaatooo che nella vitàààà...) pendant qu'il malaxe la pâte à pizza avec un savoir faire bien napolitain (dommage que la mozzarella reste française ). Mais ça ne l'empêche pas de faire un doux mélange de l'italien avec le français, tout comme cette tomate-hyper-salée-sans goût qu'il amalgame tant bien que mal à des artichauts ultra-vinaigrés, sans véritable saveur qu'il extrait d'une quelconque boîte made-in-je-ne-sais-où.
A Noël mon père, pour se foutre de moi, m'a offert un dictionnaire Garzanti parce qu'il pense que, après des années en France, j'aurais oublié l'italien . Mais la prochaine fois que par pure vengeance je t'emmènerai Chez Massimò, tu devras avouer, papa, que ses erreurs par rapport à celles de nous les e-migrants, sont énormes comme un beau four à bois.

Mais imaginez un peu ce qu'il se passerait si Massimo s'inscrivait à la communauté de cafebabel.com, lisait corriere.it, voyait le festival de San Remo (certes, légèrement déprimant...), ou se permettait une courte escapade à Venise pour y (re)découvrir son pays natal d'une autre façon...  Ne serait-ce pas mieux ?
Et si tous nos immigrants – et j'inclus dans ma pensée également les espagnols de France, les portugais, les turcs d'Allemagne – maintenaient le contact avec la dimension européenne actuelle, ne seraient-ils pas pour nous de l'eurogeneration, des alliés extraordinaires pour notre mission ? Celle de faire passer l'idée d'un "modus pensandi" européen, babélien, et en tout cas bien différent de ceux qui refusent et combattent l'Europe.

Alors, chers lecteurs d'Eurogeneration, la prochaine fois que vous croisez un émigrant, un vrai, faites une chose : tentez-le, racontez-lui le monde tel qu'il est aujourd'hui : beau parce que mixte et métissé. Babélisez-le !


N.B : Massimo et Chez Massimò sont des noms fictifs.

Photos de Veronica ArtMusic.

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel.

02

11

2007

Washington comme Bruxelles ?

570.000 habitants, à mesure d’homme, tranquille mais cosmopolyte: Washington-qui m’a accueilli ensoleillée, ressemble à Bruxelles, capitale des Etats Unis d’Europe en construction qui, comme les USA, ont choisi une ville pauvre en personalité pour y amasser toutes leurs institutions.

Welcome to the US

Mais dès l’arrivée à l’aeréoport, je comprends tout de suite de ne pas être en Europe pour la queue d’une heure (ah Shengen !!!) que je fais pour montrer mon passeport et aussi pour cette affiche merveilleuse adressée aux immigrés qui arrivent, avec le slogan : WELCOME. La question est spontanée : vous imaginez la même photo à Paris (où le voile est interdit dans le écoles), ou à Berlin ou à Rome ? L’impression, que mon guide m’a confirmée, est qu'un immigré qui arrive aux USA aujourd'hui est mieux accueilli par rapport aux immigrés chez nous.

02

10

2007

J'y vais ou je rentre : le dilemme du migrant

Désormais c'est un rite. L'avion doit d'abord s'arrêter et ensuite, pendant que les autres récupèrent leurs bagages, j'extrais la carte SIM française de mon portable et je la substitue avec celle italienne.

Me revoilà à Naples, aéroport de Capodichino. “Tu es rentré, enfin”, me disent les amis. Mais dans sa terre d'origine on y va ou on y rentre ? Chez les babéliens que nous sommes, fils nomades de l'eurogeneration, les écoles sont deux. Il y a ceux qui suivent la raison : “maintenant ma vie est à Paris”, me force-je à dire. A Cava, donc, j'y vais, je n'y rentre pas. Et puis il y a ceux qui disent “je rentre”, souvent perçu comme symbole de faiblesse, comme si le voyage tôt ou tard devait finir dans notre Itaque à nous. Cette terre d'origine dont nous gardons le souvenir, dont on parle le moins possible, en la mythisant toujours.

Pendant des années j'ai voulu me dire “je vais” à Cava. Cela fait presque dix ans que je n'y vis pas. À Paris, j'y habite depuis cinq ans, je suis en train d'y mettre mes racines. Mais puis-je employer le même verbe - aller – que j'emploie pour des destinations telles que Tallinn ou – mettons – La Havane ? Peut-être nous l'inventerons, un jour, un véritable "verbe de mouvement" qui soit un fils bâtard d'aller et de rentrer.

P.S. Pardon, suis-je le seul qui se bats avec ce genre de paranoïas ?

07

07

2007

Les Italiens à Paris : eurogénération ou immigrés ?

Les jeunes travailleurs italiens à Paris ne sont pas comme les autres venant d'Europe occidentale. Ils ne bougent pas seulement par amour de la découverte et de la curiositas. Souvent, c'est par nécéssité qu'ils se résignent à abandonner leur pays natal. Pour fuir un système clientelaire, qui humilie la créativité et la méritocratie. Pour se remettre en jeu dans un pays qui, comme d'autres dans le Vieux Continent, est un pays "normal".

L'objectif de Valentina Maccarinelli e Andrea Decovich a peint ces portraits de jeunes Italiens à Paris et nous sommes heureux de les accueillir. Avec le soleil de leurs rêves et la lumière de leurs réalisations. Pendant que notre pauvre pays coule vers la croissance zéro, les retraites qu'on ne verra jamais et les scandales politico-médiatico-judiciaires...

 

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

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© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org

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02

07

2007

Plombier ou serveuse : l'eurogénération (de l'Est) a le choix

Plombier ou serveuse : les choix de l'eurogénération (de l'Est) Agnieska, jeune Polonaise à Paris, raconte la situation paradoxale des Polonais en France: "Tant qu'on travaille pas, il n'y a pas de problèmes... Quand on veut travailler, on est obligé de faire plombier, serveuse ou autre... Mais j'ai des ambitions plus hautes que d'être plombier !". Joana aussi, jeune Roumaine en France est dans la même situation. Elle rajoute que les heures de travail sont très limitées.