babelblogs

hosted by cafebabel.com

eurogeneration

Une nouvelle génération est née

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

erasmus { Mot clé }

04

03

2008

Erasmus à Budapest : baby-foot et bains relaxants...

Eurogeneration est fier de vous présenter l'“Erasmus City-guide“. Une compilation qui vous fera découvrir les plus belles villes d'Europe à travers les yeux d'étudiants Erasmus. Ces portraits n'ont pas la présomption d'être exhaustifs. Ils sont simplement les récits de personnes qui veulent partager leur expérience. N'hésitez donc pas à donner votre opinion !

Cette semaine notre invité est Roberto Yanguas. Il nous présente la capitale hongroise où il a été en Erasmus il y a deux ans.

Trouver un appartement : préférez les agences immobilières
Se loger est probablement la plus grande difficulté pour un étudiant étranger. A Budapest les résidences étudiants se font rares ; il vaut donc mieux passer par une agence immobilière. Budapest est divisée en deux : Buda et Pest, elles mêmes subdivisées en plusieurs arrondissements. J'ai vécu dans le sixième, qui offre, avec le cinqième et le septième, la meilleure solution pour y habiter. Evitez le huitième qui est dangereux. Plus en général, si vous êtes en Erasmus, n'oubliez pas que Pest est mieux que Buda.

Université : si vous ne voulez pas travailler, allez-y !
J'ai fréquenté la fac de droit, à la Peter Pazmany University. Malgré les difficultés de certains professeurs à s'exprimer dans la langue de Shakespeare, tous les cours étaient en anglais.
En tout cas, si vous n'avez pas envie d'étudier pendant votre année Erasmus, cette université est le lieu qu'il vous faut. La plupart des profs vous demandent seulement un travail écrit, court et simple. Les examens sont peu nombreux, voire inexistants (j'en ai fait un seul).
Par ailleurs, le gymnase étant fermé, je vous conseille de profiter des beaux jours pour jouer à l'extérieur, à Margherite Island.

Trois endroits à ne pas louper

  • Pour une bière entre amis, je vous conseille Szimpla, qui est mon bar préféré. C'est décadent, sale, vieux et tout ce que vous voulez... mais je m'y plais !
  • Plus relaxants, les thermes de Szenchenyi où vous pouvez passer votre journée entre jacuzzi, sauna et eaux médicinales pour la somme de 8 euros. On se sent tellement mieux après une journée pareille !
  • Ne délaissez pas le restaurant Paprika (près de Szenchenyi) ou Stex Haza. Je vous conseille la soupe de gulasch et poitrine de poulet aux trois fromages. Ou bien l'escalope de porc, style Carpatian. Rien qu'à ces souvenirs, j'ai l'eau à la bouche !


Le soir : police et baby-foot
Les étudiants Erasmus fréquentent le Morrison's pub, situé près de l'Opéra (il y a karaoke le mercredi soir. Ne me demandez pas pourquoi, mais cela plait aux hongrois...), l'Old Man's pub (près de Erszebet korüt et Szimpla) ou le Szoda, le Sark... Attention toutefois à vos vêtements qui pourraient disparaître mystérieusement.
En général les fêtes Erasmus ont lieu dans les appartements. Si vous craignez les voisins qui se plaignent, appelez vous-mêmes la police avant le début de la fête. Ce sera officialisé et vous n'aurez plus de problèmes.
Pour les fans de baby-foot, vous serez heureux d'apprendre que les Hongrois y jouent beaucoup, y compris la nuit. Pour cela il suffit de poser une pièce de monnaie sur la table et d'attendre votre tour. C'est le vainqueur qui reste.
Quant à la drogue, il vaut mieux éviter d'en prendre. Cela vous créerait beaucoup d'ennuis avec la police si vous vous faites attraper. Joints ou cocaïne, c'est du pareil au même.

Verdict
Je conseille à tous cette expérience !

Que pensez-vous de cette présentation de Budapest ? D'autres suggestions, d'autres idées, des questions... ? N'hésitez pas à en parler avec notre invité. Cela vaut aussi la peine de jeter un oeil au Babelblog de Budapest.
Quant à moi, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle étape, en Angleterre cette fois, à Portsmouth.

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel

11

02

2008

Oliver & Tom, wouaf-wouaf et la bise...

Question du jour : de quoi parlons-nous, nous babéliens, pendant notre année Erasmus ou lorsque nous sommes à l'étranger, à la conquête de rencontres interculturelles... ? J'ai dressé, non sans une pointe d'ironie, une petite liste des sujets les plus récurrents !

1. Les dessins animés
Pour la série : «le Japon unit les européens». Holly et Benji ou, pour les français «Oliver et Tom» avec leur terrain de foot impérissable et infini, les jumeaux Derrick et leurs grandes dents, Mark Lenders avec son t-shirt aux manches retournées façon voyou. Ah, nostalgie, quand tu nous tiens... !

2. Les cris des animaux
Ne me dites pas que vous ne vous êtes jamais amusés à comparer les cris des animaux de votre patrie avec ceux des autres pays, ... je ne vous croirais pas ! Pour ne donner qu'un exemple, prenons le «wouaf, wouaf» des chiens français qui se transforme en «bau, bau» dans la péninsule italienne.

3. La manière de se dire bonjour
Vous êtes plutôt grande claque dans le dos ou bise ? La première attitude est d'origine allemande, tandis que les Français vont préférer se faire la bise. Mais attention, les codes sont complexes, autant la bise entre deux femmes ou entre deux personnes de sexes différents est monnaie courante, autant en France il est assez rare de voir deux hommes suivre cette tradition. Quant aux Italiens, ils préfèrent réserver la bise à ceux qu'ils connaissent déjà, hommes ou femmes qu'ils soient. Et là aussi, il faut être soucieux de la manière de faire : en Italie, on fait la bise d'abord à gauche, puis à droite... pas l'inverse ! A Genève ils en font trois... mais n'allons pas trop loin, ça devient très compliqué tout ça !

4. Et le repas alors ?
Les Espagnols s'attarderont à déjeuner seulement vers trois heures, tandis que les Milanais auront déjà fini depuis un moment. Les Napolitains mangeront sur le coup des deux heures... Et vous ?

5. Les systèmes politiques
Il se peut que tu sois Espagnol et que tu ais à expliquer les compliqués indépendantismes entremêlés de ton pays. Ou alors Français et on te questionne sur la "démonarchie" et les super-pouvoirs du président en place. Peut-être es-tu en Erasmus alors que la crise sévit dans ton pays. Expliquer la "partitocratie" et la position de Clemente Mastella, le ministre qui vient de faire tomber le gouvernement Prodi, n'a alors rien d'évident.

Toujours les mêmes sujets ? Oui, probablement. Mais peu de gens se refuseraient le plaisir de parler de Mark Lenders en buvant une bière ou de se faire cette bise historique... non ?

05

02

2008

Les cinq règles d’or pour un Erasmus réussi

C'est en ce moment-même que des dizaines de milliers de jeunes s'apprêtant à vivre un semestre d'études avec le programme Erasmus affluent dans les villes universitaires d'une grande partie de l'Europe...
Voici les règles d'or que le babelblog Eurogeneration vous propose pour passer un Erasmus sensationnel (dont vous pourrez évidemment discuter dans les commentaires !). Elle sont le fruit d'une année magnifique passée à Strasbourg dont je vous livre une photo qui, en plus, est bien dans le "mood leçons"...



Leçon n° 1 :  Intégration...
A Rome ils étaient surnommés la mafia espagnole. Je parle bien sûr de ces bandes d'hispanophones qui vagabondaient par groupe de quarante le samedi soir, qui après maintes difficultés pour trouver un bar assez grand pour tous les contenir, se retrouvaient toujours dans le perpétuel et insipide botellón... -qué-tanto-estamos-avec-le-vientre-lleno-qué-Maria-a-fait-la-tortilla-de-patatas.
Je le sais parce que j'étais le seul intrus italien dans une de ces compagnies à Rome. S'il vous plaît, non, ne le faites pas. Les italiens aussi, avec leur bidet et les tagliatelles de la mamma risquent fortement de tomber dans le syndrome des tortillas.
L'idéal pour éviter cela et connaître des personnes du coin :
vivre dans un appart avec, de préférence, des étudiants originaires des environs
participer aux activités sportives organisées par la fac
aller en cours (au moins une fois de temps en temps)

Leçon n° 2 : ...mais sans censurer votre accent !
Intégration ne signifie pas forcément mimétisme. Vouloir parler cette nouvelle langue sans accent étranger n'a pas de sens. Vous serez juste ridicules. De toute façon ça se voit gros comme une maison que vous venez d'ailleurs. Alors, au contraire, utilisez-le, cultivez-le, faites en profiter les autres ! Organisez par exemple quelque soirée gastronomique pour faire découvrir vos plats nationaux, faites écouter vos musiques avec guitare ou I-pod à l'appui ... Et plus vous en avez, plus vous en montrez !
Pendant que je faisais mon Erasmus à Strasbourg, une fille plutôt pas mal me dit, alors que j'essayais vainement de singer la langue de Molière : « mais tu sais, notre accent sur les mecs, il fait homo : c'est mieux l'accent italien ! ». Comment lui donner tort ?

Leçon n° 3 : attention aux préjugés et aux exagérations.
Faites attention aux jugements hâtifs sur les villes dans lesquelles vous arrivez, et ne tombez pas non plus dans les syndromes inverses de l'idéalisation ou, pire, du type « oui, mais chez nous c'est différent ». Beaucoup de gens se laissent ensorceler par une réalité certes fascinante, mais souvent parce que vécue en Erasmus. Ce qui pour nous, étrangers, est un paradis est parfois un enfer pour d'autres personnes. A contrario, recueillez tous les aspects, ne vous contentez pas d'idées toutes faites. Et rappelez vous toujours qu'une ville ne peut pas illustrer un pays entier : si vous vous trouvez à Paris, parlez de Paris et non de la France. Peut-être que les choses sont différentes en Corse ou au fin fond des Pyrénées.
Et surtout, épargnez les autres des clichés ou préjugés que vous croyez vrais ! Montrez que vous avez un esprit ouvert... Evitez les « mais de toute façon...
ils ne savent même pas faire les pâtes
ils ne connaissent pas les règles d'hygiène
ils sont froids et trop nordiques (ou son contraire, trop exubérants) »

Leçon n° 4 : distraction n'exclut pas engagement.
Le journalisme te plaît ? Très bien, il y a certainement un journal de la fac ! Appelle-les pour y participer. C'est plutôt le social qui te botte ? Les activités humanitaires foisonnent dans toutes les villes du Vieux Continent. Les toujours très tonitruantes soirées Erasmus n'empêche pas d'essayer de construire quelque chose. Quelque chose qui restera. Parole de quelqu'un qui pendant son Erasmus a lancé, avec beaucoup d'autres jeunes de l'Europe entière, un site appelé cafebabel.com.

Leçon n° 5 : jetez vous dans votre nouvel environnement !
Bien souvent il est difficile de quitter son pays d'origine et tout ce que ça englobe : famille, amis... Bref, on a peur que certaines relations s'affaiblissent avec la distance. Eh bien, le meilleur moyen pour que ça finisse par arriver est de s'accrocher encore et encore à ce passé. En retournant chez soi (mais d'ailleurs, c'est quoi « chez soi »? lire l'article) tous les deux mois, en téléphonant trois fois par jour, ou en restant bloqué sur le statut msn en ligne alors qu'on est bel et parti...
Au contraire, plongez, vivez votre nouvelle réalité, profitez-en jusqu'au bout, animés d'une curiosité sans borne, enracinés dans votre ADN et conscients de votre diversité mais extensibles comme un grand chêne. Pour vous rapprocher toujours plus, comme un arbre élancé, vers le ciel de votre future vie...

Bon Erasmus à tous !!

Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel

14

12

2007

Arrêtons les fatwas contre le programme Erasmus

La fatwa contre l'Erasmus, lancée par le journaliste de Repubblica Ilvo Damianti, est arrivée. Bénite par Eugenio Scalfari sur L’Espresso, la thèse de Diamanti blâme la “jeunesse apatride” responsable du contexte social dans lequel l’homicide de l’étudiante anglaise Meredith aurait été perpétré à Pérouse.

Pour Diamanti, "la ville de l'Ombrie serait le symbole de ces centres que les malefiques étudiants Erasmus ont défiguré, en les transformant en non-lieux "sans institutions, ni règles, ni autorité. Dans le cites universitaire les étudiants sont des personnes de passage, sans racines locales ni la perspective d’y rester pendant toute leur vie. Ils payent des loyers très élévés pour partager un appartement avec des autres étudiants. Ils ne peuvent pas se sentir comme chez eux…"

Est-ce que Diamanti sait combien d’étudiants, après l’Erasmus, retournent dans le pays dans lequel ils ont passé l’année la plus belle de leur vie, ils y travaillent et, comme dans mon cas, ils bâtissent un futur qui serait autrement impossible dans des pays déprimés comme l’Italie ? Mais Diamanti ne s’arrète pas là. Les étudiants apatrides, selon lui, "n’ont pas un lien social ni communautaire. Parce qu’ils ne sont ni une societé ni une communauté. Mais une humanité pleine de rélations la pluspart desfois transitoires. Beaucoup de rélations mais pas d’engagement.

Ça c’est vraiment trop, cher Diamanti. Si vous ne le savez pas, grâce au programme Erasmus - 1,5 milions d’étudiants, depuis 1987 - sont nées des amitiés solides, des amours parfumés et, souvent, comme dans mon cas, on attend de mettre au monde une nouvelle génération d'Européens. C'est grâce à l’Erasmus des milliers de personnes peuvent finalement intérnationaliser leurs existences, apprendre une langue étrangère et, contrairement à ce que vous affirmez, se sentir chez soi à l’étranger. Si sur 1,5 milions de jeunes il y a un homicide ça ne veut pas dire que l’experience plus enthousiasmante de nos jours doit être diabolisée.

Cela veut dire que, desormais, il s’agit d’une experience qui, dans le meilleur comme dans le pire, est en train de se démocratiser. Que les apôtres de la tradition des bons vieux temps arrêtent leurs théories. Le vieux continent continue de se babéliser. Tant mieux.

08

10

2007

Anciens Erasmus, exprimez-vous !

Heureux, épuisé, un peu ivre, fanfaron, dragueur (le soir) et étudiant (mi-endormi) pendant la journée.
Tout le mode parle des Erasmus pendant leur séjour, mais personne de quand ils rentrent. Bien sûr presque tout le monde, au début fait une déprime au retour de ses aventures au-delà des Alpes ou de la Manche. Mais après, comme vous me l'expliquiez dans vos commentaires, en réalité, vous vous reprenez. Souvent, en recherchant des nouvelles stimulations. En repartant (physiquement ou même juste moralement) toujours.
Bref, pour la première semaine de novembre, celle de la rentrée, la vraie – quand même plus a Cetara (où dimanche dernier la petite plage était pleine de baigneurs) il n’y aura plus les parfums de l’été – je suis en train de préparer un article sur le sujet  « Les chemins de l’Erasmus sont infinis ».
Il s’agira d’une fotogallery avec 4 ou 5 histoires , les plus amusantes de celles que vous allez m’envoyer. Ecrites exprès pour les 400.000 visiteurs mensuels de café babel. Tu veux participer ?Vas-y !


Caractéristiques : avoir été au mois un semestre en Erasmus, couver un brin de sain exhibitionnisme.

Les photos à envoyer : une photo cool de toi en erasmus et une de toi-même maintenant, même si elle n’est pas très cool, de toute façon on le sait bien qu’on était mieux avant ! Si par hasard, tu ne les a pas tout de suite, passe directement à l’étape suivante mais n’espère pas d’échapper à la loi de l’image, ok ?

Le texte à envoyer : ton histoire racontée avec tout le romantisme que tu veux (allez-y vous allez me faire pleurer !) mais en précisant lieux, dates, prénoms de façon à me donner l’air d’un journaliste de métier ! Et cherchant de me raconter un peu  qu’est ce que tu portes avec toi de cette expérience, si tu es (encore) fiancé/marié avec quelqu’un/une rencontré/e là-bas. Si, au contraire, tu n’as pas reussi à partir de nouveau. Si  tu rêves de le faire. Si tu travailles dans un secteur particulièrement Erasmus -compatible ou pas.

A qui l’envoyer : à ma boîte mél : farano[at]cafebabel.com

Quand : le plus tôt possible. Si tu connais des personnes intéressées, fais-moi signe !

Photo de la plage de Cetara, dans la côte amalfitaine par Antolo/Flickr. Traduction de Filomena De Riso.

24

09

2007

Après l'Erasmus ? La vie continue. A l'étranger

Nous voilà à parler d’ Erasmus, frontières et périodes de la vie, cette fois-ci directement avec Fiorella, spécialiste ès anthropologie de l'Erasmus.

 

Fiorella, bienvenue sur Eurogeneration. Si on te demandait de résumer en deux mots ton expérience Erasmus, lesquels choisirais-tu?

Salut Adriano merci pour l’hospitalité. Les clichés qui reviennent le plus souvent sont : l’alcool , le sexe, la fête, les amis, et le bon temps. Mais je crois qu’un an passé à l’étranger ne se résume pas seulement à ça. Il y a plein d’autres choses : la volonté de se mettre à l’épreuve, et le fait de se confronter aux autres, de partir de rien pour bâtir une nouvelle vie, plus mûre et consciente. Deux ans ont déjà passé depuis cette fameuse période à Alicante.

Es-tu guérie du syndrome Erasmus?

Je dirais plutôt que ça empire de plus en plus! Après la phase critique qui se manifeste au retour, le syndrome se "normalise" et t’accompagne constamment. Mais c’est une chose positive: c’est le déclencheur de mon envie de renouveler ces expériences, de partir (ou repartir) avec un truc en plus en comparaison avec les autres.

Qu’est ce que tu fais aujourd’hui dans la vie? Tu arrives à exprimer cette "babelianité" acquise en Espagne?

Dans l’attente de l’énième et définitif départ en Espagne (je l'espère), ou au nord de l'Italie en octobre, je m’occupe de graphique et de communication. Cette année j’ai eu la possibilité d’ améliorer mes connaissances du secteur grâce à un projet de la région Campagne (le G.B. Vico) qui m’a permis de travailler dans une gallérie d’art à Madrid durant 4 mois ! Autre magnifique expérience à l’étranger : j’ai connu des gens merveilleux et j’ai pu exprimer librement cette babelianité qui reste un peu étouffée dans mon pays (surtout dans le Sud et surtout à Cava, mais cette-ci est une autre affaire, que tu connais aussi bien que moi).

Es-tu toujours en contact avec tes amis Erasmus?

Oui, mais ça reste compliqué a cause de la distance ! Mais heureusement grâce au messenger, aux mails et autres nouvelles technologies on reste toujours en contact.

Tu es arrivée à communiquer avec eux en ce qui concerne les sujets que tu évoques dans "Anthropologie de l’Erasmus"?

J’ai même fait mieux : j’ai réussi à les emmener tous voir la soutenance de mon mémoire en Italie ! À Alicante tout le monde savait que j’étais en train d’écrire un mémoire sur l’Erasmus, ils l’ont lu (du début jusqu’à la fin, à mon plus grand étonnement) et ma satisfaction majeure, quand j’ai passé le diplôme, a été de voir que mes amis Erasmus et mes camarades d’Université étaient émus avec moi alors que je terminais ma présentation aux notes de la chanson "Tornano in mente" ("Ils reviennent à l'esprit") par Alex Britti: " On se souviendra des moments qu’on a vécus avec intensité, et tous les gens qu’on a connu reviendrons, ça ne te paraîtra pas grande chose mais ça veut dire qu'il y a encore quelque chose".

J’espère avoir réussi à faire comprendre à tous les Erasmus ces mots là "il y a encore quelque chose", après deux ans et – je le souhaite – après beaucoup de temps encore.

Traduit par Alessandro Mancosu - bienvenue, Alessandro !

15

09

2007

Dépression post-Erasmus

Septembre. Temps d'arrivée pour les 400 000 étudiants européens qui plantent tende dans l'une des centaines de villes universitaires théatre du projet Erasmus. Mais même, hélas, temps de retour (à la routine) pour les environ 350 000 qui ont vécu, l'année dernière, une expérience qui, dans l'immense majorité des cas, te transforme la vie. Au moins pour un an (ou un semestre). Oui, parce qu'ensuite on retourne aux vieilles habitudes. C'est là que peut surgir la "dépression post- erasmus".

En introduisant l'expression sur Google pas de sites de psy. Mais on tombe sur l'excellente thèses de Fiorella de Nicola sur le thème "Anthropologie de l'Erasmus". Moi et Fiorella - à Alicante en 2004/05 – nous sommes originaires de la même ville, Cava de' Tirreni, près de Naples. (Je me suis amusé à faire un collage des deux villes. Pas mal la nôtre, mais Fiorella n'aurait-elle pas écrit les mêmes choses s'elle était partie à Helsinki ?)

 

 

En tout cas la prose de Fiorella est très réussie lorsqu'elle peint l'ingénuité de celui qui vit les derniers jours d'une expérience erasmienne:

"Il n'a pas idée qu'en patrie il sera envahier par le syndrome du post-erasmus. Il ne sait pas que sa maison lui semblera très laide, sa ville très froide (ou d'une chaleur insupportable), l'université très ennuyeuse, la tv glaque, les amis nuls, en somme il aura une dépression grande comme un gratte-ciel de Kuala Lumpur. Il aura un rejet pour tout ce qui ne soit pas Erasmus. Le syndrome, ils le vivent tous, cependant avec une intensité et une durée différentes. Certes, il s'agit d'une condition passagère, quelque chose qui peut, et même doit, durer peu. Au risque de devenir pathétiques".

 

Sa réflexion sur le sens du mot identité est convaincante :

"En somme il nous attend une existence de désadaptés, d'apatrides. Et pas parce que nous n'avons pas une patrie. Mais parce que nous en aurons deux. Ou plus que deux. La nôtre, celle-là où nous sommes nés. Celle qui "nous a adoptés" pour un semestre ou deux. Cette de nos amis : allemands, français, portugais, mexicains, Anglais, scandivaves, américains, canadiens : leurs maisons à Alicante étaient les nôtre. Et je ne sais pas par quelle propriété transitive un peu de leurs pays, de leur culture, de leurs amis est devenu nôtre. Bref peut-être que l'identité européenne existe vraiment.

 

Est-ce vrai ? Et comment faire pour sortir de la dépression post- erasmus ? Eurogeneration ouvre le débat. À vous le mot, dans les commentaires.

Photo Pedro Prats Michael Khoo/Flickr.com