Lettre ouverte au Président de la Commission Européenne. Après le « non
» de l’Irlande au Traité de Lisbonne avec plus de 53 % des voix contre,
il faut agir. Immédiatement.
Idées
jeudi, juin 19 2008
Non irlandais au Traité : Barroso, démission !
Par Adriano le jeudi, juin 19 2008, 16:08
lundi, juin 16 2008
Publicité allemande raciste : quand l'Italie se sent harcelée
Par Adriano le lundi, juin 16 2008, 12:23
samedi, juin 14 2008
Euronews fait peau neuve, fade et institutionnelle
Par Adriano le samedi, juin 14 2008, 01:03
Le site de la chaîne d'information pan-européenne passe à l'heure de la vidéo. Mais il le fait sans audance et en rendant encore plus triste l'Union européenne.
mardi, juin 3 2008
Sarko for Présidence, quand le logo ne fait pas l'Europe
Par Adriano le mardi, juin 3 2008, 19:05

Mauvais esprit ? Il ne faut pas être sarkonoïaque pour entrevoir un message politique dans le logo que s'est donné la France pour la Présidence de l'UE qu'elle entame, pour un sémestre, le 1er juillet prochain. D'ailleurs, ce n'est qu'admettre la réalité : pour tous les observateurs européens, la Présidence française sera la Présidence de Nicolas Sarkozy, cet étrange politicien qui attise toujours leurs curiosités plus que quiconque.
Pur hasard ? Les drapeaux européen et français côte à côte dans le logo en question (à droite) rappellent bien l'image de la très sollennelle photo de l'omniprésident national (à gauche). Seul détail qui change : le symbole européen est tout de même légèrement plus grand que le français dans le logo, alors que dans le portrait présidentiel c'était le contraire.
Plus sérieusement, il faut reconnaître que Nicolas Sarkozy a donné, avec sa photo officielle, le ton d'une présidence de la République très européenne. Dans la photo de son prédecesseur, nulle référence à la symbolique européenne.
Pourtant, si l'habit ne fait pas le moine, le logo ne fait pas l'Europe. Surtout si l'on considère que la conception du projet européen qu'ont les Français aujourd'hui. L'influence de la France en Europe représente en effet la priorité qu'accordent les Français pour "leur" Présidence. Une conception un tantinet nationale, n'est-ce pas ? Qui plus est, selon un sondage Opinion Way, seulement 38% des Français considèrent que l'adoption par la France du traité simplifié n'est pas une remise en cause des résultats du "non" à la Constitution européenne de 2005.
lundi, mars 10 2008
Oui au référendum britannique
Par Adriano le lundi, mars 10 2008, 12:16
Le 5 mars a été une journée particulière. J’étais à Londres, en plein règne de Gordon Brown Ier. Ce même Gordon Brown qui ce jour-là a, au cours d’un très violent débat parlementaire, rejeté le référendum pourtant promis au préalable par Tony Blair sur la Constitution Européenne, sous prétexte que maintenant il s’appelle Traité de Lisbonne. Traité dont le fond n’a pas ou peu changé comme tout le monde sait. Malheureusement, ce ne sera donc pas le New Labour, ni les élites politiques autistes du Vieux Continent, qui vont rassurer les eurosceptiques.
Mais le 5 mars était également une belle journée ensoleillée. Alors je vous propose de vous promener avec moi, de la gare St Pancras jusqu’à Old Street. A gauche, ici, un graffiti à Trafalgar Square, avec le Big Ben sur le fond.

Contraste frappant entre les Anglais, qui ont presque oublié ce que signifie lumière, et les Italiennes qui ne vont nulle part sans leurs fameuses lunettes de soleil.
Puis je retrouve Alberto, un vieux copain de fac, vrai babélien Eurogeneration AOC, qui coordonne maintenant une communauté en ligne pour entrepreneurs sociaux : ceux pour qui business ne signifie pas exclusivement intérêt personnel. Chapeau ! Je voudrais lui présenter rapidement les dernières avancées cafebabel.com mais comme d'habitude j'ai oublié que les prises électriques anglaises sont différentes de celles du continent. Dieu maudisse ces barrières à la communication !

Ensuite, c'est Annette que je vois. Elle est responsable locale de cafebabel.com à Londres et co-organisatrice du débat sur le thème "Nuoveaux médias et democratie européenne"
où je dois intervenir, à la London School of Economics. On passe donc au supermarché pour acheter de quoi grignoter après le débat.
J'ai trouvé des prix beaucoup plus bas de ce qu'ils étaient en 1998, lorsque j'y avais passé deux mois après mon bac. Ou ce sont peut-être nos prix qui ont augmenté ?

Un souvenir qui remonte à cette époque me revient : une soirée passée à gratter une guitare avec un de mes amis de voyages, Luca, mais aussi avec un yuppie écossais et de joyeux passants. Nous étions justement devant ce magasin, à Covent Garden : bizarre qu'il soit devenu le « French connection ».

C'est dans le même secteur que j'ai rencontré, dans un endroit magique, le Neal's Yard, Zsofia - une Hongroise ancienne du College d'Europe, qui travaille au European Council on Foreign Relations, qui se définit le premier think-tank pan-européen.

Dans une ruelle menant à Neal's Yard, on pouvait lire cette belle phrase qui a rendu mon voyage encore un peu plus magique : « Vis la vie que tu t'es imaginé ».

Ne loupez pas celui là : philosophe ambulant bienveillant.
Après le débat au cours duquel Andreas, auteur de l'euroblog Kosmopolit, a excellé, nous partons tous en direction d'un bar. Puis retour chez Annette où je dérobe cette photo sur sa table de nuit : quatre livres en quatre langues différentes. On est de vrais babéliens.

Le lendemain, dans la zone de la flambant neuve gare St Pancras d'où part mon eurostar pour rentrer à Paris, je croise encore ce sympathique personnage.
Une manière, pour cette swining London de me dire adieu. Ou plutôt... bye bye.
dimanche, mars 9 2008
Municipales : quelques absurdités vues d'Europe
Par Adriano le dimanche, mars 9 2008, 19:04
Drôle de pays, la France: d'abord il octroie un permis de conduire au
Napolitain que je suis ; puis, citoyenneté européenne oblige, il lui
envoit même une carte électorale.
C'est
ainsi que ce matin j'ai participé aux élections municipales à Paris
avec cet absurde mode de scutin qui ne permet pas de voter ni pour un
candidat mairie ni pour un conseiller municipal. Mais seulement pour
une liste dont l'ordre est bien sûr choisi à l'avance par les partis. Rassurez-vous, en Italie, on a la même bêtise...
Mais
là où les Français nous battent en absurdités électorales c'est en
matière de bulletins blancs : ces jolis morceaux d'une citoyenneté
protestataire ne sont en effet pas comptabilisés. Ce qui veut
dire qu'aller voter blanc ou s'abstenir, revient exactement au même.
Qui plus est, les bulletins blancs ne sont pas fournis au moment du
vote. C'est pour cela que j'ai imprimé des bulletins blancs à partir d'un
site et que je les ai laissés dans l'urne à la
disposition de mes "concitoyens". J'oubliais : dans mon collège
électoral, il n'y avait qu'une vingtaine de citoyens européens
inscrits... Allez, les Européens, la prochaine fois il faut faire plus
d'efforts !
lundi, février 11 2008
Oliver & Tom, wouaf-wouaf et la bise...
Par Adriano le lundi, février 11 2008, 23:51
Question du jour : de quoi parlons-nous, nous babéliens, pendant
notre année Erasmus ou lorsque nous sommes à l'étranger, à la conquête
de rencontres interculturelles... ? J'ai dressé, non sans une pointe
d'ironie, une petite liste des sujets les plus récurrents !
1. Les dessins animés
Pour la série : «le Japon unit les européens». Holly et Benji ou, pour
les français «Oliver et Tom» avec leur terrain de foot impérissable et
infini, les jumeaux Derrick et leurs grandes dents, Mark Lenders avec
son t-shirt aux manches retournées façon voyou. Ah, nostalgie, quand tu
nous tiens... !
2. Les cris des animaux
Ne me dites pas que vous ne vous êtes jamais amusés à comparer les cris
des animaux de votre patrie avec ceux des autres pays, ... je ne vous
croirais pas ! Pour ne donner qu'un exemple, prenons le «wouaf, wouaf»
des chiens français qui se transforme en «bau, bau» dans la péninsule
italienne.
3. La manière de se dire bonjour
Vous êtes plutôt grande claque dans le dos ou bise ? La première
attitude est d'origine allemande, tandis que les Français vont préférer
se faire la bise. Mais attention, les codes sont complexes, autant la
bise entre deux femmes ou entre deux personnes de sexes différents est
monnaie courante, autant en France il est assez rare de voir deux
hommes suivre cette tradition. Quant aux Italiens, ils préfèrent
réserver la bise à ceux qu'ils connaissent déjà, hommes ou femmes
qu'ils soient. Et là aussi, il faut être soucieux de la manière de
faire : en Italie, on fait la bise d'abord à gauche, puis à droite...
pas l'inverse ! A Genève ils en font trois... mais n'allons pas trop
loin, ça devient très compliqué tout ça !
4. Et le repas alors ?
Les Espagnols s'attarderont à déjeuner seulement vers trois heures,
tandis que les Milanais auront déjà fini depuis un moment. Les
Napolitains mangeront sur le coup des deux heures... Et vous ?
5. Les systèmes politiques
Il se peut que tu sois Espagnol et que tu ais à expliquer les
compliqués indépendantismes entremêlés de ton pays. Ou alors Français
et on te questionne sur la "démonarchie" et les super-pouvoirs du
président en place. Peut-être es-tu en Erasmus alors que la crise sévit
dans ton pays. Expliquer la "partitocratie" et la position de Clemente
Mastella, le ministre qui vient de faire tomber le gouvernement Prodi,
n'a alors rien d'évident.
Toujours les mêmes sujets ? Oui, probablement. Mais peu de gens se
refuseraient le plaisir de parler de Mark Lenders en buvant une bière
ou de se faire cette bise historique... non ?
mardi, février 5 2008
Les cinq règles d’or pour un Erasmus réussi
Par Adriano le mardi, février 5 2008, 18:01
Voici les règles d'or que le babelblog Eurogeneration vous propose pour passer un Erasmus sensationnel (dont vous pourrez évidemment discuter dans les commentaires !). Elle sont le fruit d'une année magnifique passée à Strasbourg dont je vous livre une photo qui, en plus, est bien dans le "mood leçons"...

Leçon n° 1 : Intégration...
A Rome ils étaient surnommés la mafia espagnole. Je parle bien sûr de ces bandes d'hispanophones qui vagabondaient par groupe de quarante le samedi soir, qui après maintes difficultés pour trouver un bar assez grand pour tous les contenir, se retrouvaient toujours dans le perpétuel et insipide botellón... -qué-tanto-estamos-avec-le-vientre-lleno-qué-Maria-a-fait-la-tortilla-de-patatas.
Je le sais parce que j'étais le seul intrus italien dans une de ces compagnies à Rome. S'il vous plaît, non, ne le faites pas. Les italiens aussi, avec leur bidet et les tagliatelles de la mamma risquent fortement de tomber dans le syndrome des tortillas.
L'idéal pour éviter cela et connaître des personnes du coin :
vivre dans un appart avec, de préférence, des étudiants originaires des environs
participer aux activités sportives organisées par la fac
aller en cours (au moins une fois de temps en temps)
Leçon n° 2 : ...mais sans censurer votre accent !
Intégration ne signifie pas forcément mimétisme. Vouloir parler cette nouvelle langue sans accent étranger n'a pas de sens. Vous serez juste ridicules. De toute façon ça se voit gros comme une maison que vous venez d'ailleurs. Alors, au contraire, utilisez-le, cultivez-le, faites en profiter les autres ! Organisez par exemple quelque soirée gastronomique pour faire découvrir vos plats nationaux, faites écouter vos musiques avec guitare ou I-pod à l'appui ... Et plus vous en avez, plus vous en montrez !
Pendant que je faisais mon Erasmus à Strasbourg, une fille plutôt pas mal me dit, alors que j'essayais vainement de singer la langue de Molière : « mais tu sais, notre accent sur les mecs, il fait homo : c'est mieux l'accent italien ! ». Comment lui donner tort ?
Leçon n° 3 : attention aux préjugés et aux exagérations.
Faites attention aux jugements hâtifs sur les villes dans lesquelles vous arrivez, et ne tombez pas non plus dans les syndromes inverses de l'idéalisation ou, pire, du type « oui, mais chez nous c'est différent ». Beaucoup de gens se laissent ensorceler par une réalité certes fascinante, mais souvent parce que vécue en Erasmus. Ce qui pour nous, étrangers, est un paradis est parfois un enfer pour d'autres personnes. A contrario, recueillez tous les aspects, ne vous contentez pas d'idées toutes faites. Et rappelez vous toujours qu'une ville ne peut pas illustrer un pays entier : si vous vous trouvez à Paris, parlez de Paris et non de la France. Peut-être que les choses sont différentes en Corse ou au fin fond des Pyrénées.
Et surtout, épargnez les autres des clichés ou préjugés que vous croyez vrais ! Montrez que vous avez un esprit ouvert... Evitez les « mais de toute façon...
ils ne savent même pas faire les pâtes
ils ne connaissent pas les règles d'hygiène
ils sont froids et trop nordiques (ou son contraire, trop exubérants) »
Leçon n° 4 : distraction n'exclut pas engagement.
Le journalisme te plaît ? Très bien, il y a certainement un journal de la fac ! Appelle-les pour y participer. C'est plutôt le social qui te botte ? Les activités humanitaires foisonnent dans toutes les villes du Vieux Continent. Les toujours très tonitruantes soirées Erasmus n'empêche pas d'essayer de construire quelque chose. Quelque chose qui restera. Parole de quelqu'un qui pendant son Erasmus a lancé, avec beaucoup d'autres jeunes de l'Europe entière, un site appelé cafebabel.com.
Leçon n° 5 : jetez vous dans votre nouvel environnement !
Bien souvent il est difficile de quitter son pays d'origine et tout ce que ça englobe : famille, amis... Bref, on a peur que certaines relations s'affaiblissent avec la distance. Eh bien, le meilleur moyen pour que ça finisse par arriver est de s'accrocher encore et encore à ce passé. En retournant chez soi (mais d'ailleurs, c'est quoi « chez soi »? lire l'article) tous les deux mois, en téléphonant trois fois par jour, ou en restant bloqué sur le statut msn en ligne alors qu'on est bel et parti...
Au contraire, plongez, vivez votre nouvelle réalité, profitez-en jusqu'au bout, animés d'une curiosité sans borne, enracinés dans votre ADN et conscients de votre diversité mais extensibles comme un grand chêne. Pour vous rapprocher toujours plus, comme un arbre élancé, vers le ciel de votre future vie...
Bon Erasmus à tous !!
Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel
mardi, janvier 22 2008
Avec ou sans Turquie : vérifiez vos euros !
Par Adriano le mardi, janvier 22 2008, 15:53
La Turquie est-elle européenne ? Au sommet des institutions européennes la question semble se régler plutôt à coups de documents PDF que de débats - souvent creux, philosophiques ou géopolitiques. Et en jeu cette fois : l'aspect des pièces de monnaie européennes. Qui soulève un véritable déchirement intra-institutionnel.
Déchirement entre la Commission Européenne, qui, de son côté propose d'inclure le pays anatolien sur la carte du continent dessinée sur les pièces (image de droite) et le Conseil des Ministres, qui, au contraire essaye discrètement de l'en éclipser (image de gauche).
Il faut le voir pour le croire !

Ce sont les députés radicaux européens, Marco Cappato et Marco Pannella, qui l'ont révélé et ont souhaité voir disparaître de la circulation les pièces de monnaie anti-turcs. En effet, dans les tous premiers euros mis en circulation, que nous avons tous en poche encore maintenant, on peut voir un bout de la Turquie. En revanche ce n'est pas le cas des pièces diffusées en Slovénie à son entrée dans l'Euroland, le 1er janvier 2007, où la Turquie s'est soudainement envolée. Mais les radicaux ne comptent pas en rester là et ont demandé la substitution progressive de 31 milliards de pièces de monnaie. Une quête possible ?
Mais de l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne, au delà de cette histoire de pièces de monnaie, que faut-il en penser ? Encore aucune décision jusqu'à présent, les négociations font rage, et le forum de cafebabel.com s'enflamme ! Ce que je peux dire, c'est qu'au cours de mon année Erasmus, j'ai rencontré un charmant jeune homme d'Istanbul, Dogan Mert, que je salue, et je ne peux en aucun cas affirmer m'être senti plus éloigné de sa culture que de celle allemande ou suédoise. Au contraire, il me semblait presque un peu napolitain...
Et puis, à l'image de ce que nous raconte Erri De Luca, l'identité méditerranéenne triomphe souvent sur celle européenne... Mais c'est un autre discours ça, non ?
Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel
jeudi, janvier 17 2008
Napolistan
Par Adriano le jeudi, janvier 17 2008, 12:09
Réélaboration de la couverture du Economist par Cédric Audinot.
Traduit par Véronique Raphaëlle Strobelmercredi, janvier 16 2008
Passeport oublié, métissage activé : babélisons les pizzaioli
Par Adriano le mercredi, janvier 16 2008, 10:20
Massimo est pizzaiolo à Paris depuis 1970. Une époque où le passeport était encore indispensable pour voyager entre la France et l'Italie. Voyager, ou plutôt, immigrer. Parce qu'alors, tout déplacement était bien plus définitif que ce qu'on connaît aujourd'hui. Et pour Massimo, les conditions d'antan semblent ne pas avoir changé : «Naples ? J'y retourne tous les deux, trois ans. Mais à chaque fois je ne peux y rester plus d'une semaine. La dernière fois je n'y ai trouvé personne, les rues du Quartier espagnol étaient désertes. Ensuite ils m'ont dit que tous avaient été arrêtés ».
Le cas de Massimo peut paraître extrême, mais pour un grand nombre d'immigrants des mots tels que ""libre circulation des personnes", "espace Schengen", "Euro", "vols low-cost", "moyens de communication ultra-moderne" ou encore "skype" - en résumé, vingt ans d'eurévolution et de globalisation – semblent vide de sens. Rien à voir avec tous ceux qui, de nos jours, par choix ou nécessité, prennent leurs affaires et s'en vont, pour voyager ou e-migrer. E-migrants, avec un "e" plutôt fashion qui rime avec e-mail, mais qui doit son étymologie à un lointain "ex" latin.
Mais revenons à notre pizzaiolo. Massimo entonne volontiers des chants napolitains des années cinquante qu'il connaît à la perfection ou une Laura Pausini dans sa meilleure forme ("Marco se n'è andato..."), voire même un Eros Ramazzotti accompagné de son habituelle voix enrhumée ("Ed ho imparaaaaatooo che nella vitàààà...) pendant qu'il malaxe la pâte à pizza avec un savoir faire bien napolitain (dommage que la mozzarella reste française ). Mais ça ne l'empêche pas de faire un doux mélange de l'italien avec le français, tout comme cette tomate-hyper-salée-sans goût qu'il amalgame tant bien que mal à des artichauts ultra-vinaigrés, sans véritable saveur qu'il extrait d'une quelconque boîte made-in-je-ne-sais-où.
A Noël mon père, pour se foutre de moi, m'a offert un dictionnaire Garzanti parce qu'il pense que, après des années en France, j'aurais oublié l'italien . Mais la prochaine fois que par pure vengeance je t'emmènerai Chez Massimò, tu devras avouer, papa, que ses erreurs par rapport à celles de nous les e-migrants, sont énormes comme un beau four à bois.
Mais imaginez un peu ce qu'il se passerait si Massimo s'inscrivait à la communauté de cafebabel.com, lisait corriere.it, voyait le festival de San Remo (certes, légèrement déprimant...), ou se permettait une courte escapade à Venise pour y (re)découvrir son pays natal d'une autre façon... Ne serait-ce pas mieux ?
Et si tous nos immigrants – et j'inclus dans ma pensée également les espagnols de France, les portugais, les turcs d'Allemagne – maintenaient le contact avec la dimension européenne actuelle, ne seraient-ils pas pour nous de l'eurogeneration, des alliés extraordinaires pour notre mission ? Celle de faire passer l'idée d'un "modus pensandi" européen, babélien, et en tout cas bien différent de ceux qui refusent et combattent l'Europe.
Alors, chers lecteurs d'Eurogeneration, la prochaine fois que vous croisez un émigrant, un vrai, faites une chose : tentez-le, racontez-lui le monde tel qu'il est aujourd'hui : beau parce que mixte et métissé. Babélisez-le !
N.B : Massimo et Chez Massimò sont des noms fictifs.
Photos de Veronica ArtMusic.
Traduit par Véronique Raphaëlle Strobel.
vendredi, décembre 14 2007
Arrêtons les fatwas contre le programme Erasmus
Par Adriano le vendredi, décembre 14 2007, 11:29
La fatwa contre l'Erasmus, lancée par le journaliste de Repubblica Ilvo Damianti, est arrivée. Bénite par Eugenio Scalfari sur L’Espresso, la thèse de Diamanti blâme la “jeunesse apatride” responsable du contexte social dans lequel l’homicide de l’étudiante anglaise Meredith aurait été perpétré à Pérouse.
Pour Diamanti, "la ville de l'Ombrie serait le symbole de ces centres que les malefiques étudiants Erasmus ont défiguré, en les transformant en non-lieux "sans institutions, ni règles, ni autorité. Dans le cites universitaire les étudiants sont des personnes de passage, sans racines locales ni la perspective d’y rester pendant toute leur vie. Ils payent des loyers très élévés pour partager un appartement avec des autres étudiants. Ils ne peuvent pas se sentir comme chez eux…"
Est-ce que Diamanti sait combien d’étudiants, après l’Erasmus, retournent dans le pays dans lequel ils ont passé l’année la plus belle de leur vie, ils y travaillent et, comme dans mon cas, ils bâtissent un futur qui serait autrement impossible dans des pays déprimés comme l’Italie ? Mais Diamanti ne s’arrète pas là. Les étudiants apatrides, selon lui, "n’ont pas un lien social ni communautaire. Parce qu’ils ne sont ni une societé ni une communauté. Mais une humanité pleine de rélations la pluspart desfois transitoires. Beaucoup de rélations mais pas d’engagement.
Ça c’est vraiment trop, cher Diamanti. Si vous ne le savez pas, grâce au programme Erasmus - 1,5 milions d’étudiants, depuis 1987 - sont nées des amitiés solides, des amours parfumés et, souvent, comme dans mon cas, on attend de mettre au monde une nouvelle génération d'Européens. C'est grâce à l’Erasmus des milliers de personnes peuvent finalement intérnationaliser leurs existences, apprendre une langue étrangère et, contrairement à ce que vous affirmez, se sentir chez soi à l’étranger. Si sur 1,5 milions de jeunes il y a un homicide ça ne veut pas dire que l’experience plus enthousiasmante de nos jours doit être diabolisée.
Cela veut dire que, desormais, il s’agit d’une experience qui, dans le meilleur comme dans le pire, est en train de se démocratiser. Que les apôtres de la tradition des bons vieux temps arrêtent leurs théories. Le vieux continent continue de se babéliser. Tant mieux.
jeudi, octobre 18 2007
Nous sommes plus (et mieux) engagés que nos parents
Par Adriano le jeudi, octobre 18 2007, 12:13

Sommes-nous une generation engagée ? Peut-on soutenir la comparaison avec celle de nos parents ? L'engouement général pour l’environnement – cette année le Blog Action Day y était consacré – est l’occasion pour faire le point sur l’engagement en tant que tel, au délà des causes ecologistes.
La proliferation des ONG, des appels, des manifestations, des concerts (en dernier le Live Earth) sont seulement quelques exemples de l'engagement des jeunes d'aujourd'hui pour l'environnement. Mais au de là de cela, ce qui change parmi les jeunes de notre temps est une plus grande conscience des problèmes de la planète qui, par rapport à mai 68, est beaucoup plus concrète.
Défiler en mai 68, en posant pour un photographe (comme dans la photo ci-dessous) ou participer à une manifestation d’hippies est certes bien plus sexy que partir faire du volontariat en Afrique, s’engager dans des associations ou participer à des initiatives civiques sur Internet.
De la meme façon, lancer des pavés d'antan sur la police en plein boulevard Saint-Mich' est plus chic que d'être un consommeur responsable, ne pas laisser le chargeur du portable dans la prise ou encore se battre pour le droit au vote des immigrés. Et je ne me réfère pas seulement aux petits gestes quotidiens par opposition aux lendemains qui chantent de nos parents. Je pense aussi, dans un autre registre, aux initiatives pour l’Europe fédérale ou aux nombreuses associations qui essayent d’approcher et de (ré)mixer les cultures du Vieux Continent. Ou à faire de l’Erasmus une occasion pour rédessiner la carte de la tolerance et de l’ouverture.
Car ce n’est pas vrai que nous sommes la “generation X”, que nous ne croyons en rien, que nous sommes individualistes et point barre. La generation précédente était sans aucun doute plus politisisée mais pas plus engagée que la nôtre !
Post Scriptum (sur la politisation).
En ce moment sur ma table de nuit il y a “Cuori Neri” (“coeurs noirs”), une belle enquête de Luca Telese sur les morts néo-fascistes des années de plomb en Italie. Seulement a Rome, entre les années 70 et 80 il y a eu plus de 100 homicides politiques, victimes de la tensions entre fascistes et communistes. Dans la capitale, un des quartiers le plus chauds fut le “Trieste-Salario”, où j’ai étudié pendant trois ans. Je me souviens de ces soirées passées en face de la glacerie à place Trieste (je ne pourrai jamais oublier le gout aranciotto : chocolat avec des zestes d’orange).
Et seulement maintenant je comprends que voulait dire le tag “Paolo vit”, suivit par une croix celtique. “Paolo” était Paolo Di Nella, le militant, fasciste et écologiste (ça existait), tué de façon barbare pendant qu’il attachait des affiches pour la récuperation d'un jardin publique. Maintenant ce temps de politisisation extrême et des fois extremiste est terminé. Maintenant, en dessous de ce tag il y a des jeunes qui discutent, comme nous le faisions avec Nicola dell’Arciprete en 2000... A l'époque on se posait la question : comment bouleverser les cerveaux endormis de l’opinion publique italienne ? Nous voulions créer un media trans-national qui puisse donner une voix à notre génération. Aujourd’hui vous êtes en train de lire ce média. D'une certaine façon c'est aussi une forme d'enagegement, n'est-ce pas ?
Traduit par Filomena De Riso
lundi, octobre 8 2007
Anciens Erasmus, exprimez-vous !
Par Adriano le lundi, octobre 8 2007, 11:20
Heureux, épuisé, un peu ivre, fanfaron, dragueur (le soir) et étudiant (mi-endormi) pendant la journée.
Tout le mode parle des Erasmus pendant leur séjour, mais personne de quand ils rentrent. Bien sûr presque tout le monde, au début fait une déprime au retour de ses aventures au-delà des Alpes ou de la Manche. Mais après, comme vous me l'expliquiez dans vos commentaires, en réalité, vous vous reprenez. Souvent, en recherchant des nouvelles stimulations. En repartant (physiquement ou même juste moralement) toujours.
Bref, pour la première semaine de novembre, celle de la rentrée, la vraie – quand même plus a Cetara (où dimanche dernier la petite plage était pleine de baigneurs) il n’y aura plus les parfums de l’été – je suis en train de préparer un article sur le sujet « Les chemins de l’Erasmus sont infinis ».
Il s’agira d’une fotogallery avec 4 ou 5 histoires , les plus amusantes de celles que vous allez m’envoyer. Ecrites exprès pour les 400.000 visiteurs mensuels de café babel. Tu veux participer ?Vas-y !

Caractéristiques : avoir été au mois un semestre en Erasmus, couver un brin de sain exhibitionnisme.
Les photos à envoyer : une photo cool de toi en erasmus et une de toi-même maintenant, même si elle n’est pas très cool, de toute façon on le sait bien qu’on était mieux avant ! Si par hasard, tu ne les a pas tout de suite, passe directement à l’étape suivante mais n’espère pas d’échapper à la loi de l’image, ok ?
Le texte à envoyer : ton histoire racontée avec tout le romantisme que tu veux (allez-y vous allez me faire pleurer !) mais en précisant lieux, dates, prénoms de façon à me donner l’air d’un journaliste de métier ! Et cherchant de me raconter un peu qu’est ce que tu portes avec toi de cette expérience, si tu es (encore) fiancé/marié avec quelqu’un/une rencontré/e là-bas. Si, au contraire, tu n’as pas reussi à partir de nouveau. Si tu rêves de le faire. Si tu travailles dans un secteur particulièrement Erasmus -compatible ou pas.
A qui l’envoyer : à ma boîte mél : farano[at]cafebabel.com
Quand : le plus tôt possible. Si tu connais des personnes intéressées, fais-moi signe !
Photo de la plage de Cetara, dans la côte amalfitaine par Antolo/Flickr. Traduction de Filomena De Riso.
mardi, octobre 2 2007
J'y vais ou je rentre : le dilemme du migrant
Par Adriano le mardi, octobre 2 2007, 19:32

Désormais c'est un rite. L'avion doit d'abord s'arrêter et ensuite, pendant que les autres récupèrent leurs bagages, j'extrais la carte SIM française de mon portable et je la substitue avec celle italienne.
Me revoilà à Naples, aéroport de Capodichino. “Tu es rentré, enfin”, me disent les amis. Mais dans sa terre d'origine on y va ou on y rentre ? Chez les babéliens que nous sommes, fils nomades de l'eurogeneration, les écoles sont deux. Il y a ceux qui suivent la raison : “maintenant ma vie est à Paris”, me force-je à dire. A Cava, donc, j'y vais, je n'y rentre pas. Et puis il y a ceux qui disent “je rentre”, souvent perçu comme symbole de faiblesse, comme si le voyage tôt ou tard devait finir dans notre Itaque à nous. Cette terre d'origine dont nous gardons le souvenir, dont on parle le moins possible, en la mythisant toujours.
Pendant des années j'ai voulu me dire “je vais” à Cava. Cela fait presque dix ans que je n'y vis pas. À Paris, j'y habite depuis cinq ans, je suis en train d'y mettre mes racines. Mais puis-je employer le même verbe - aller – que j'emploie pour des destinations telles que Tallinn ou – mettons – La Havane ? Peut-être nous l'inventerons, un jour, un véritable "verbe de mouvement" qui soit un fils bâtard d'aller et de rentrer.
P.S. Pardon, suis-je le seul qui se bats avec ce genre de paranoïas ?
lundi, septembre 24 2007
Après l'Erasmus ? La vie continue. A l'étranger
Par Adriano le lundi, septembre 24 2007, 09:52
Nous voilà à parler d’ Erasmus, frontières et périodes de la vie, cette fois-ci directement avec Fiorella, spécialiste ès anthropologie de l'Erasmus.
Fiorella, bienvenue sur Eurogeneration. Si on te demandait de résumer en deux mots ton expérience Erasmus, lesquels choisirais-tu?
Salut Adriano merci pour l’hospitalité. Les clichés qui reviennent le plus souvent sont : l’alcool , le sexe, la fête, les amis, et le bon temps. Mais je crois qu’un an passé à l’étranger ne se résume pas seulement à ça. Il y a plein d’autres choses : la volonté de se mettre à l’épreuve, et le fait de se confronter aux autres, de partir de rien pour bâtir une nouvelle vie, plus mûre et consciente. Deux ans ont déjà passé depuis cette fameuse période à Alicante.
Es-tu guérie du syndrome Erasmus?
Je dirais plutôt que ça empire de plus en plus! Après la phase critique qui se manifeste au retour, le syndrome se "normalise" et t’accompagne constamment. Mais c’est une chose positive: c’est le déclencheur de mon envie de renouveler ces expériences, de partir (ou repartir) avec un truc en plus en comparaison avec les autres.
Qu’est ce que tu fais aujourd’hui dans la vie? Tu arrives à exprimer cette "babelianité" acquise en Espagne?
Dans l’attente de l’énième et définitif départ en Espagne (je l'espère), ou au nord de l'Italie en octobre, je m’occupe de graphique et de communication. Cette année j’ai eu la possibilité d’ améliorer mes connaissances du secteur grâce à un projet de la région Campagne (le G.B. Vico) qui m’a permis de travailler dans une gallérie d’art à Madrid durant 4 mois ! Autre magnifique expérience à l’étranger : j’ai connu des gens merveilleux et j’ai pu exprimer librement cette babelianité qui reste un peu étouffée dans mon pays (surtout dans le Sud et surtout à Cava, mais cette-ci est une autre affaire, que tu connais aussi bien que moi).
Es-tu toujours en contact avec tes amis Erasmus?
Oui, mais ça reste compliqué a cause de la distance ! Mais heureusement grâce au messenger, aux mails et autres nouvelles technologies on reste toujours en contact.
Tu es arrivée à communiquer avec eux en ce qui concerne les sujets que tu évoques dans "Anthropologie de l’Erasmus"?
J’ai même fait mieux : j’ai réussi à les emmener tous voir la soutenance de mon mémoire en Italie ! À Alicante tout le monde savait que j’étais en train d’écrire un mémoire sur l’Erasmus, ils l’ont lu (du début jusqu’à la fin, à mon plus grand étonnement) et ma satisfaction majeure, quand j’ai passé le diplôme, a été de voir que mes amis Erasmus et mes camarades d’Université étaient émus avec moi alors que je terminais ma présentation aux notes de la chanson "Tornano in mente" ("Ils reviennent à l'esprit") par Alex Britti: " On se souviendra des moments qu’on a vécus avec intensité, et tous les gens qu’on a connu reviendrons, ça ne te paraîtra pas grande chose mais ça veut dire qu'il y a encore quelque chose".
J’espère avoir réussi à faire comprendre à tous les Erasmus ces mots là "il y a encore quelque chose", après deux ans et – je le souhaite – après beaucoup de temps encore.
Traduit par Alessandro Mancosu - bienvenue, Alessandro !
samedi, juillet 7 2007
Les Italiens à Paris : eurogénération ou immigrés ?
Par Adriano le samedi, juillet 7 2007, 13:36
Les jeunes travailleurs italiens à Paris ne sont pas comme les autres venant d'Europe occidentale. Ils ne bougent pas seulement par amour de la découverte et de la curiositas. Souvent, c'est par nécéssité qu'ils se résignent à abandonner leur pays natal. Pour fuir un système clientelaire, qui humilie la créativité et la méritocratie. Pour se remettre en jeu dans un pays qui, comme d'autres dans le Vieux Continent, est un pays "normal".
L'objectif de Valentina Maccarinelli e Andrea Decovich a peint ces portraits de jeunes Italiens à Paris et nous sommes heureux de les accueillir. Avec le soleil de leurs rêves et la lumière de leurs réalisations. Pendant que notre pauvre pays coule vers la croissance zéro, les retraites qu'on ne verra jamais et les scandales politico-médiatico-judiciaires...
© 2007 Decovich&Maccarinelli/ PhotoCast.org
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