babelblogs

hosted by cafebabel.com

eurogeneration

Une nouvelle génération est née

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Eurogeneration in America

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, janvier 7 2008

Déprimée, l'Italie ? Le New York Times a raison

Notre Président de la République, Giorgio Napolitano, a voulu répondre aux critiques du New York Times contre l'Italie, accusée d'être un pays en déclin. Au cours de sa visite aux Etats Unis de la mi-décembre Napolitano a dit que: « L’Italie est tout à fait un pays fort sur le quel cela vaut la peine d'investir. Il ne faut pas être superficiellement optimistes, mais pas non plus sensationnalistes ».
Mais que dit exactement le NYT ? L’article n’invente rien. Il dit que l’Italie se fera dépasser par l’Espagne dans pas longtemps en ce qui concerne le PIB par habitant. L’11% des familles vit sous le seuil de pauvreté. Deux livres, La Casta et Gomorra (dont vous pouvez lire/voir l'interview à l'auteur, Roberto Saviano), expriment bien le malaise qui règne un peu partout dans le pays. Enfin le NYT affirme que les Italiens sont le peuple le plus triste parmi ceux de l’Europe occidentale d’après un sondage conduit à l’Université de Cambridge par l’italienne Luisa Corrado.

Mais le quotidien de Times Square (dans la photo avec David Mc Craw, l’un de vice-présidents) parle aussi d’un sujet qui nous est cher : le clivage générationnel. Il mentionne le bloggeur Mario Adinolfi: « Ici en Italie on pourrais même pas concevoir un Google créé dans un garage par des gars de trente ans ». Nous nous permettons de corriger Adinolfi : Larry Page et Sergei Brin avaient bien vingt ans quand ils ont créé celui qui serait devenu le premier moteur de recherche au monde. Quant à l'Italie, pour le NYT c’est justement les jeunes « cultivés, qui voyagent et utilisent Internet » qui pourraient s’avérer la clé du changement, affirme l’auteur de l’article « mais seulement quand... la génération au pouvoir aujourd’hui sera morte ». En attendant, ce sont toujours très nombreux les jeunes Italien qui quittent le pays. Que Napolitano regarde en face la réalité ! L’Italie est en train de glisser dans un sous-développement effrayant. D’ailleurs il suffit de lire les résultats du sondage en ligne du Corriere della Sera : plus de 90% des Italiens est d’accord avec le NYT. Un peuple de sensationnalistes dirait Napolitano !

Traduit par Alessandro Mancosu

jeudi, novembre 29 2007

EXCLUSIF/ Un « Européen » derrière Meru, l’alternative à Second Life

En Italie, à 27 ans, si tu traîne encore à la fac, tu es dans la moyenne. Vladlen Koltun, lui, a obtenu son doctorat de recherche à 21 ans et depuis trois ans déjà il enseigne Computer Science à Stanford, l' « arrière-boutique » de la Silicon Valley où les futurs fondateurs de Google et You Tube ont étudié.

Maintenant Vladlen – qui nous reçoit dans son bureau de l’Université californienne d’une belle journée d’automne – est en train de travailler sur un projet qui promet d’être révolutionnaire : créer le "Second Life-killer", l’alternative à Second Life, la communauté virtuelle qui a suscité les louanges des médias et qui a déjà généré un business fructueux. « Second Life a un problème de scalability étant donné qu'elle ne supporte pas plus qu'un nombre limité de connections simultanées. En plus il y a un manque de sécurité : on peut facilement écouter des conversations et pénétrer dans des espaces autrement interdits. Avec notre projet ce genre de problèmes deviendront seulement un souvenir ». Le nom du projet, Meru, veut justement symboliser la stabilité, Meru est pour les bouddhistes l’épine dorsale du monde, ce qui tient ensemble le tout.

Les travaux, menés par le professeur Koltun (dans la photo a gauche tel qu'il apparaît sur le site de Stanford) et parrainés par la National Science Foundation et par la Alfred P. Sloan Foundation, ont commencé au mois de janvier 2007. Ils impliquent une équipe multiculturelle – le Virtual World Group – de neuf personnes entre lesquelles des Indiens, des Chinois et des Américains. Et lui, Vladlen, il vient d’où ? « Je suis né en Ukraine qui à l’époque faisait encore partie de l’URSS : un pays et une culture aujourd’hui disparus. C’est pour ça que des fois je dis d’être plus soviétique qu’ukrainien…(rire).  Non, si jamais il faut que je me sente "quelque chose" », dit celui qui est trilingue en russe, hébraïque et anglais, « je te réponds que je me sens Européen. Je me sens plus chez moi au Vieux Continent qu’aux Etats Unis où la tradition de produire de belles choses n’existe pas. Je regard autour de moi et il n’y a rien que je puisse aimer ».


Dans ce temps, peut être pour compenser aussi ce vide, Vladlen est en train de bâtir cet espace alternatif qu’est pour lui la réalité virtuelle. La première version de Meru est censée être sur le marché avant la fin 2008. « Mais faites attention. Ce qui s’approche le plus du concept de réalité virtuelle esquissé dans le roman Snow Crash par Neal Stephenson sont certains jeux dans lesquels on peut modifier le monde ». De toute façon le monde réel n’intéresse toujours pas à Vladlen qui dit n’avoir pensé à lancer un business. « Au tout début Internet ne commença pas comme un business et fit ses premiers pas juste ici à Stanford avec le projet Arpanet ». Tout le monde connaît le reste de l’histoire. Pas mal pour un « soviet' » !

Traduit par Alessandro Mancosu

jeudi, novembre 22 2007

USA: j’adore, je déteste

Un pays riche, explosif, extrêmement varié et en même temps fier de son propre ADN forgé dans le sang et par une Constitution ferme et moderne. Et toutefois un pays contradictoire, cruel des fois. Toujours en train de nous poser des défis, des aventures et des incertitudes sur le futur, beaucoup d’incertitudes. Voilà les Etats Unis que j’ai vus. A moitié sérieux, voici une galerie d’images de ce que j’ai aimé et ce que je n’ai pas aimé de ce grand pays.

J’aime

Le métro à Washington: élégant












Les animaux en ville: amusant





La multietnicité quand elle est harmonie






Le drapeau: vachement rock






Les publicités hors ligne pour sites en ligne







Je n’aime pas


Le métro à New York: pas d'espace, plafond bas... "ma che??"





Le regular coffee à Starbucks : est-ce qu’on est sûr que le café est torréfié à l'italienne ?





Les rats dans la rue : toujours un problème dans des villes comme New York.














Le compte à rebours aux feux : insupportable.


















Onces, gallons, milles… dans la photo les instruments de mesure de Giusy














Qu’est ce que vous en pensez ? Est-ce que mon esprit est trop étroit ? Quelles ont été vos impressions de l’Amérique ?

vendredi, novembre 16 2007

Chez Wikipedia et plus

Je suis sur le point de quitter la baie de Tampa en Floride après avoir rencontré plein de gens super surtout à St. Petersburg.

Wikipedia, une stupéfiante organisation non-profit. Vendredi j’avais rendez-vous avec Sandy Ordoñez, Directrice des communications de la Fondation Wikimedia. Elle m’a appris beaucoup de choses sur cette organisation étonnante qui gère le site Internet de Wikipedia. Raisonnons deux secondes: la fondation compte seulement 12 employés et pourtant ils arrivent à recueillir chaque année environ 1,5 millions de dollars grâce au 25$ laissés en moyenne en donation par des particuliers. Comment arrivent-ils à le faire? Parce qu’ils ont une idée universelle (la connaissance doit être gratuite et à la portée de tout le monde) et ils nécessitent des volontaires à tout moment. “Dans tout communiqué de presse qu’on fait”, Sandy explique, “ il faut tout partager avec une communauté de 50 membres de Wikipedia qui ont été invités et auxquels on fait confiance”. Plein d’idées pour Cafebabel! “Mais ce n’est pas facile. Il faut trouver un équilibre entre la construction du consensus et la prise de décisions”.


L’entrée de la fondation Wikipedia, un bureau de 100metres carrés avec un plan qui montre toutes les images de wikipedia. La fondation déménagera à San Francisco au mois de janvier 2008. Dans la baie il y a aussi Wikia, la compagnie pro profit que Jimmy Wales, le fondateur de Wikipedia, a fondée.




A gauche : Stratégie de fund-raising. Wikipedia a lancé sa nouvelle campagne. En haut : les billets de sympathisants de partout dans le monde.








St. Petersburg Times ou le journalisme local de qualité.
J’ai eu rendez-vous avec Bill Duryea (voir photo ci-bas), un éditeur national qui a passé la majorité du temps en m’expliquant tout sur le journal plus célébré en Amérique ( voire histoire dans le NYT ). Leur model de faire du business est de plus en plus diversifié. Ils ont lancé un tabloïde gratuit pour les jeunes et un magazine qui cible les femmes en pleine santé. Le contenu est si bon justement parce qu’ils offrent une approche fraîche aux infos locales et internationales.



Poynter Institute, les journalistes de demain vont là-bas !
Le Poynter est un institut prestigieux et réputé où sont organisés des stages pour journalistes mais aussi des recherches intrigantes. J’ai rencontré Bill Mitchell, éditeur du Poynter on-line et Howard Finberg, éditeur de new.org. Le premier site propose de conversations intéressantes et des analyses sur le journalisme et un éventail d’offres d’emploi dans le secteur. Le deuxième offre des stages enligne pour devenir un bon journaliste dans le monde contemporain. C’est gratuit et très utile en plus.


Mauvaise nouvelle? Demain matin je me lève à 5 heures Bonne nouvelle ? J’en ai deux. Ce soir j’ai été invité chez Giusy. Elle a été mon hôtesse avec son petit ami américain, Chris. Apres le dîner ils m’ont offert lait chaud au chocolat et les biscuits « abbracci » (voire l’image prise par Chris). L’autre bonne nouvelle ? Demain je prendrai l’avion pour New York, la dernière étape de mon voyage aux Etats Unis. Je suis crevé mais aussi vachement content de vivre cette aventure fantastique et de vous en faire parti. Alors souhaitez-moi bonne chance et si vous avez des bons conseils sur NYC…allez-y !!!

lundi, novembre 12 2007

Et le pizzaiolo de Oakland me dit: “mais l’Italie existe toujours?”


 

Oracle Arena, Oakland, California. Il est 19h29 du 6 Novembre. Et le match d’NBA entre les Golden State Warriors et les Cleveland Cavaliers est en train de commencer.

Je trouve, affamé, le courage de faire la queue pour acheter une… euh... ”pizza”.

C'est mon tour, je commande et demande s’il est possible de payer avec un traveller’s cheque. La caissière, une nana de quatre-vingts ans, appelle le patron qui me demande si j’ai mon passeport à lui montrer. Il le prend et me dit:

- Italie? C’est encore un pays?
- Oui, bien sur. Pourquoi?
- Ben, avec l’Euro maintenant vous êtes comme un seul état, n’est ce pas?
- En effet sur mon passeport vous verrez que sur la première ligne c'est écrit “Union Européenne”
- Ah!, d’accord, alors vous êtes un peu comme les Etats Unis maintenant, non ?
- Plus ou moins, ouais. Plus ou moins...

Certes, l’intégration européenne est encore loin.

Mais si même un pizzaiolo d’Oakland réalise que les Européens se rapprochent, ça veut dire que finalement il y a quelque chose qui bouge. C’est rassurant !
Deux plus tards, toutefois, je n'avais plus le moral parce que l’équipe que je supportais, les Warriors, ont perdu le quatrième match consécutif depuis le début du championnat. Ils sont vraiment l’équipe la plus triste de tout l’NBA. Ça doit être parce que Marco Belinelli, d’Italie, pardon, de l’Union Européenne, n’a pas joué ?

Tradotto da Alessandro Mancosu

jeudi, novembre 8 2007

On the road 2.0 - mon voyage avec Google Map

Ceci est un expériment de géo-journalisme. J'ai rédigé des brèves sur les rendez-vous les plus sympas que j'ai eu à Washington et San Francisco jusque là. Si cela vous plaît je vais continuer à le mettre à jour pendant les prochains "arrêts" de Tampa et New York. Enjoy.

View Larger Map

dimanche, novembre 4 2007

Business, transgression et vibrations: les secrets de la Silicon Valley

Le parfum de l'herbe tout juste coupée te pince les narines lorsque j’arrive à Stanford, au coeur de la Silicon Valley. Le cloître en style médiéval de la « petite place » de ce microcosme qui accueille 10 000 personnes - une véritable ville avec ses magasins, pizzerias, pompiers – coexiste avec le wi-fi et l'ésprit d'entrepreneurs qui règne sur le campus. Oui, parce que le secret de ce temple de la connaissance - qui a accouché dans les Sixties d’Arpanet, l'ancêtre d'Internet, et dans les années Quatre-vingt-dix a accueilli parmi ses étudiants les fondateurs de Google et de You Tube – c’est le symbiose, difficilement compréhensible pour nous les Européens, avec le monde du business. Il suffit de se balader pour le campus, qu'il nous accueille avec 20° et un ciel limpide, pour voir en vitrine l'annonce "Google cherche des développeurs" ou une plaque qui célèbre le financement des salles de Computer Science de la part de géants tels qu'Intel ou Hewlett-Packard.

Rien à que voir avec l'Europe où le sens de l’expression « partnership université- entreprise » se réduit à des journées d'orientation bidon, à des stage non payés ou à du népotisme tout court. Mais ici en Californie il ne s'agit pas d'altruisme : les entreprises investissent en réflexion, idées, vision. En courant le risque, souvent, de financer des projets sans un clair intérêt économique. Simplement parce que l'idée promet bien. C’est le cas de Google qui, au début, n’avait pas de modèle économique. Et c’est aussi le cas d’un projet top secret dont je suis venu à connaissance et que vite je dévoilerai, auquel travaille une équipe guidée par un chercheur… européen. La fuite de cerveaux, ici, tu vois tout de suite ce que c’est. La tentation est grande pour nombre de Français, Russes, Italiens qu'ici j'ai rencontré.

Maintenant je vous écris de San Francisco, le cœur pulsant de la zone de la Baie, qui est liée très fortement à Stanford, Palo Alto ou Mountain View (siège de Google). San Francisco, ville vibrante : l'énergie regorge de la terre - souvent en mouvement - et court rapide dans les tubes cathodiques de cette icône de la culture hippy et transgressive qui, entre autres, explique une chose : pourquoi c’est ici, et pas ailleurs, que l'économie du futur est pensée et réalisée. Bienvenue dans le futur.

vendredi, novembre 2 2007

Washington comme Bruxelles ?

570.000 habitants, à mesure d’homme, tranquille mais cosmopolyte: Washington-qui m’a accueilli ensoleillée, ressemble à Bruxelles, capitale des Etats Unis d’Europe en construction qui, comme les USA, ont choisi une ville pauvre en personalité pour y amasser toutes leurs institutions.

Welcome to the US

Mais dès l’arrivée à l’aeréoport, je comprends tout de suite de ne pas être en Europe pour la queue d’une heure (ah Shengen !!!) que je fais pour montrer mon passeport et aussi pour cette affiche merveilleuse adressée aux immigrés qui arrivent, avec le slogan : WELCOME. La question est spontanée : vous imaginez la même photo à Paris (où le voile est interdit dans le écoles), ou à Berlin ou à Rome ? L’impression, que mon guide m’a confirmée, est qu'un immigré qui arrive aux USA aujourd'hui est mieux accueilli par rapport aux immigrés chez nous.

mercredi, octobre 31 2007

A l'American University on parle de... cafebabel.com !

Lundi le vrai programme a commencé. Rendez-vous à l’American University avec la prof. Shalini Venturelli, originaire de Lucca (en Italie) qui dirige l’UFR de Communication Internationale.

Après un brin de causette informel dans son bureau Mme Venturelli me dit : « Maintenant nous allons donner le cours ». « Nous ? » je lui demande.


Et comme ça je me retrouve dans une salle de cours, avec une trentaine d’étudiants du monde entier à parler des médias européens, à montrer cafebabel.com (la page d’accueil mais aussi Eurotik et la slideshow de Comikazen, ce qui m’a rendu très fier) et à repondre à un public intéressant et intéressé : des Américains bien sûr mais aussi des Asiatiques, des Européens...


Ensuite le le Prof a donné un cours sur le sujet : comment change l’approche aux politiques interculturelles parmi les USA, la France, l’Allemagne et l’Angleterre. La référence aux Etats Unis est éclairant pour la comparaison avec l’UE d’aujourd’hui. Le problème de l’Ecole de Chicago était : comment créer un sens de communauté dans un pays multiculturel ? La reponse : par les moyens de communication de masse. Cela vous rappelle quelque chose ?


Génial aussi le merchandising : je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter le t-shirt de la première université dans la quelle cafebabel.com a été... objet d'études aux USA !

Photos de Lee Bigelow